Allocution du Chef de l'Etat à l'occasion de la Réunion de Haut niveau sur les OMD
Allocution de Son Excellence Monsieur AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI, Président de l'Union des Comores, à l'occasion de la Réunion de Haut niveau sur les OMD New York,
le 20 septembre 2010
•Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement ;
• Excellence Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies ;
• Honorable assistance ;
• Mesdames et Messieurs,
Les efforts entrepris individuellement et collectivement par nos pays pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement ont permis des avancées dans de nombreux domaines.
Toutefois, la plupart des fléaux que nous avons identifiés en l'an 2000 n'ont toujours pas été éradiqués et certains d'entre eux se sont même amplifiés. C'est dire l'ampleur des défis que nous avons à relever d'ici l'an 2015.
A l'instar des autres pays, mon pays, l'Union des Comores a enregistré des succès remarquables pour certains des Objectifs du Millénaire, en dépit de la conjoncture économique et financière difficile qu'il connaît, notamment le manque de ressources et plus particulièrement l'absence d'un budget d'investissement. Mais elle accuse, aussi, beaucoup de retard pour d'autres.
Ainsi, pour l'Education primaire et la Santé des enfants, tous les espoirs sont permis : le taux net de scolarisation dans le primaire est passé de 63 pour cent à 76 pour cent entre 1991 et 2008 tandis que le taux d'achèvement du cycle primaire est passé de 41 pour cent à 57 pour cent, durant la même période.
De même les taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est passé de 130 à 66 pour mille naissances vivantes, entre 1991 et 2007 et celui concernant les enfants de moins d'un an est passé de 86 à 49 pour mille.
Nous avons grand espoir d'atteindre les cibles concernées ici, avec un minimum d'appui de nos partenaires.
A l'inverse, il nous sera très difficile d'atteindre les cibles relatives à l'Emploi et à l'Environnement. En effet, mon pays a accusé trop de retard dans ces domaines et la mise en œuvre des politiques et stratégies se heurtent à d'énormes problèmes de financement et de capacités institutionnelles. Toutefois, nous continuons à redoubler d'efforts en vue de relever ces défis.
Excellences ; Mesdames et Messieurs,
Notre planète est en proie à une dérive climatique d'une gravité exceptionnelle. Ce constat a été déjà fait à Rio de Janeiro, il y a dix sept ans.
Nous devons donc saisir l'opportunité de cette forte mobilisation qui témoigne d'une volonté commune d'agir en faveur d'une planète viable et plus propre, pour faire les compromis nécessaires en vue de parvenir à une position susceptible de sauver le monde notamment les Petits Etats Insulaires menacés d'être submergés sous l'effet de l'élévation du niveau de la mer.
Dans le cas de mon pays, la montée du niveau des eaux marines à l'horizon 2025 pourrait entraîner le déplacement d'une grande partie de la population ainsi que la destruction de certaines de nos infrastructures économiques.
En ce qui concerne l'eau, les prévisions effectuées en 2003 indiquent que les disponibilités en eau par habitant seront réduites du fait de l'assèchement de 63 rivières sur les 75 recensées en 1960, dans l'ensemble des îles.
Par ailleurs, nous avons observé depuis ces trente dernières années une augmentation de la température annuelle moyenne de un degré Celsius.
Cette augmentation a eu des effets néfastes sur le développement socioéconomique avec l'amplification et l'expansion du paludisme et d'autres maladies à transmissions vectorielles.
Il aurait également des impacts potentiellement dramatiques sur la sécurité et le tourisme qui représentent un des secteurs de croissance économique du pays.
Je voudrais rappeler que l'Union des Comores regorge d'immenses potentialités en ressources hydroélectriques, solaires, éoliennes et géothermiques.
Aussi, un soutien financier et technologique pour leur mise en valeur lui permettrait non seulement de participer à l'effort global d'atténuation mais aussi d'améliorer le bien-être économique et social de la population comorienne.
Mesdames et Messieurs ; Honorable assistance,
Le bilan mitigé de la mise en œuvre des OMD découle, à mon sens, en grande partie d'un financement inadéquat du développement. Les pays les plus démunies et les plus vulnérables ont souvent un accès très limité à l'aide publique au développement.
L'évaluation des coûts des besoins pour la réalisation des OMD menée dans les pays en développement, sur recommandation de notre Sommet de 2005, a abouti à l'adoption par ces pays de plans de développement très ambitieux qui se révèlent financièrement non soutenable, faute d'un appui internationale approprié.
Dans ces conditions, pour le cas de l'Union des Comores, qui dispose de ressources intérieures limitées, ces programmes destinés à accélérer la réalisation des OMD apparaissent ainsi surréalistes.
Nous sommes, par conséquent, entrain de prioriser nos ambitions, dans le cadre du plan d'action de notre stratégie de développement, basée sur la réalisation des OMD.
Je voudrais, pour terminer, Excellences, Mesdames et Messieurs, dire le plein espoir que nous nourrissons de voir ce Sommet aboutir à un succès historique pour que vivent le multilatéralisme et la solidarité internationale.
-Vive la coopération internationale,
Vive la solidarité internationale.
Je vous remercie