Coup de force électoral selon l’opposition.
Après le scrutin de dimanche, la population anjouanaise attend avec résignation la publication des résultats provisoire par la CENI annoncée pour ce mardi. Mais d'ores et déjà, la direction de campagne de la mouvance présidentielle le Baobab a publié en fin de matinée lundi, ses résultats provisoires.
ls accréditent pour les présidentielles de l’Union, Ikililou Dhoinine en tête, avec 68,87%, Mohamed Saïd Fazul 27,99% et Abdou Djabir 3,14%. Pour ce qui est des élections du gouverneur de l’île, c’est sans surprise Anissi Chamsidine du Baobab qui détrône Moussa Toybou avec 59,99% contre 40,01% pour son adversaire. Ces chiffres se rapprochent de ceux recueillis auprès de la commission insulaire en charge des élections lundi matin, alors que plus d’une dizaine de bureaux éparpillés dans l’île n’étaient pas encore comptabilisés.
L’opposition a déjà fait savoir lors d’une conférence de presse dimanche, son intention d’introduire une requête pour annulation du scrutin à Anjouan. Il appartiendra donc à la Cour Constitutionnelle de statuer.
Dimanche soir pourtant, chaque camp a fêté sa victoire, que ça soit pour les présidentielles ou pour les élections du gouverneur à Anjouan. Se sentant affaibli par les échos qui venaient des régions où plusieurs cas de fraudes ont été signalés, les partisans de Fazul et Moussa, ont veillé à l’hôtel Al-amal où siégeaient les observateurs internationaux et le représentant spécial du président de la Commission de l’Union africaine. Ce n’est que vers 11h30 que ces partisans ont quitté les lieux devenus depuis une forteresse lourdement protégée par les forces de l’ordre.
En fin d’après midi, les partisans de Moussa Toybou chantaient toujours leur victoire « volée » selon eux, par le Baobab. La situation est incertaine. On ne sait quelle sera la réaction de ces partisans convaincus que le pouvoir aurait confisqué leur victoire. Mais au fil des heures la tension baisse et on a l’impression que la population anjouanaise s’est résignée à accepter le verdict qui tombera ce jour.
Ici on continue à croire que le pouvoir ne perd jamais une élection. Même si, avec l’arrivée au pouvoir de Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, élu démocratiquement en 2006, après un scrutin libre et transparent, il avait promis de mettre fin à toute mascarade électorale. Mais hélas, les habitudes sont têtues. Et on s’achemine vers « un énième coup de force électoral » s’obstine à croire, Mohamed Abdallah, ce partisan de l’opposition et ancien Ministre de la justice de Mohamed Bacar. Ironie du sort, les usurpateurs d’hier, deviennent les défenseurs de la transparence aujourd’hui.
KAY