Des propositions pour sauver les Comores (suite)

Publié le par Abdou Hamadi Mrimdu

mrimduOn ne peut pas expliquer les maux des Comores sans dire un mot sur les désordres de l'administration qui nous gouverne. Ensuite, dans les prochains jours, j'exposerai les quatre engagements à prendre selon moi, pour remonter la pente.

 

Ce qui suit c'est un extrait de la quatrième partie de mon livre « Comores, le symptôme du chaos » cela dit qu'il ya droit d'auteur.

 

L’administration comorienne

 

L’administration comorienne souffre d’un désordre chronique, alors qu’à première vue, en jetant un œil dans les dossiers administratifs, tout semble dans l’ordre. Ce décalage entre la réalité du terrain et celle des dossiers suscite bien des interrogations, car sur le papier, ceux qui nous gouvernent et ont élaboré notre pacte social ont pleine capacité pour gérer au mieux notre pays. Mais sur le terrain, leurs capacités restent invisibles.

 

Qu’est-ce qui a pu se passer entre l’élaboration d’une structure idéale, que nous présenterons un peu plus loin, et le désordre administratif qui règne dans le pays depuis l’accession à l’indépendance jusqu’aujourd’hui ?

 

A la recherche d’une réponse à cette question, j’ai essayé tout d’abord d’examiner quelle était l’actuelle organisation administrative, pour permettre de mieux comprendre le problème. En regardant le schéma de l’administration comorienne, pour peu que l’on ait une très bonne connaissance de la situation réelle aux Comores, on comprend sans effort ce qui fait défaut entre un document parfaitement élaboré et les désordres observés sur le terrain.

 

L’administration comorienne peut se décomposer en quatre niveaux :

 

  • Les communes, qui sont en général le socle de toute organisation administrative.
  • les départements ou préfectures, qui sont l’intermédiaire entre le pouvoir central et le pouvoir territorial,
  • les présidents – ou gouverneurs des iles, qui représentent l’administration insulaire,
  • enfin le gouvernement de l’Union.

 

Or, la réalité du terrain montre que seuls les deux derniers niveaux sont réels, et ceci même si le courant passe mal entre le président de l’Union et les présidents des iles ou gouverneurs étant fréquemment en désaccord sur le partage du pouvoir. Les préfectures, elles, ne servent pas grand-chose, elles ne sont que des boites aux lettres pour adresser les courriers vers les administrations insulaires. Quant aux communes, elles existent comme collectivités naturelles, mais ne sont d’aucun rôle dans le schéma administratif.

 

A partir de cette observation, on comprend bien d’où viennent les désordres administratifs aux Comores. Dans toutes les administrations du monde, les communes et les préfectures constituent la fondation administrative.


On peut donc prendre l’exemple d’une maison : lorsque les fondations ne sont pas solides (communes et préfectures), tous les étages (gouvernement insulaire et gouvernement de l’union) menacent sans cesse de s’écrouler. L’organisation administrative telle qu’elle est aujourd’hui, c’est un obstacle majeur qu’il faut relever sans tarder.

 

Comment organiser l’administration locale et régionale ? Ma proposition dans les prochains jours.

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Publié dans Tribune Libre

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