Droit de réponse de Mrimdu au Dr Abdou Musbahou

Publié le par Abdou Hamadi Mrimdu

mrimduDr Abdou Musbahou, J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre article que vous avez publié dans le blog ROINAKA le 16 décembre 2010. L 'article ne me concerne pas directement, seulement il interpelle tous les comoriens ce qui me donne le droit de vous répondre, et surtout pour donner sens à cette liberté que le blog ROINAKA nous donne pour faire un débat d'idée.  

Cher Docteur en lisant votre article j'ai retenu deux phrases qui me paraient le noyau de votre message. Je constate une exagération apparente de votre part que je ne partage pas avec vous docteur. Dans votre article du 16 décembre 2010 (blog ROINAKA) titre « A propos de la candidature de Mohamed Fazul » vous insistez « Fazul le nul », jusqu'à déclarer « j'ai honte pour les cadres de mon pays qui soutiennent Fazul ».


Quand vous confirmez que « Rien ne justifie le choix de certains intellectuels en faveur d'un candidat sans aucune qualité morale ni compétence intellectuelle... ». Je ne sais pas docteur quelle est votre unité de mesure, pour mesurer la morale d'un individu. 


Cela m'étonne car il y a plusieurs actions dans la campagne de Fazul qui montrent qu'il est bien moralement. Je vous donne deux exemples :


Fazul arrive à regrouper les trois gouverneurs dans son entourage. Pour quelqu'un soucieux de l'unité nationale et si les trois neurones moteurs de cette personne fonctionnent bien, il n'aura pas du mal à constater que parmi ces trois candidats, Fazul est le mieux placé pour espérer une réconciliation de cœur entre comoriens.
Ensuite il y a trois jours de cela j'ai entendu Moussa Toybou gouverneur d'Anjouan, dire que Fazul est un homme très reconnaissant. Je vous rappelle docteur que cette reconnaissance, constitue un gage psychologique qui prouve avec servitude la bonne santé morale de Saïd Fazul.


C'est pourquoi d'ailleurs je me demande avec force quelle est votre unité de mesure pour mesurer la morale ? Je demande cette question car vous avez déclaré que Fazul est un candidat sans aucune qualité morale. 

Nous devons rappeler que dans la vie, la théorie et la pratique OU l'expérience et le diplôme doivent se compléter, car si vous avez le diplôme sans l'expérience vous avez encore du chemin à parcourir de sorte que, si la nature nous conduisait à choisir, vaut mieux l'expérience que le diplôme.


Oui j'aurais aimé avoir l'avantage du coté de ma génération, mais nous devons dire la vérité aux comoriens qui nous lisent.

La théorie qu'on apprend à l'école, mais qui s'applique à l'extérieur, c'est-à-dire dans la vie quotidienne, n'a plus de sens que si celui qui la possède arrive à construire la passerelle vers la vie de tous les jours.

On peut dire sans contrainte que le diplôme c'est une richesse oui, MAIS une richesse vierge qu'il faut exploiter. 


Ensuite il y a la pratique ou l'expérience : qui consiste dans un premier temps à éprouver l'existence d'un individu dans la société, et par la suite déceler dans le monde extérieur la réalité de son action. L'expérience est une richesse nette. 

Cher docteur, si quelqu'un a eu la chance d'avoir la théorie et la pratique, c'est une bonne chose. Toutefois cela ne peut pas être une raison quelconque, qui nous ramènera à nier l'existence de ceux qui ont seulement la théorie ou de ceux qui ont seulement la pratique. C'est ici Docteur que je trouve votre affirmation inexacte quand vous avez affirmé : « Rien ne justifie le choix de certains intellectuels en faveur d'un candidat sans aucune qualité morale ni compétence intellectuelle... ». Pourquoi ? 


Parce que non seulement il n'y a pas d'expert qui soit absolument compétent. Mais aussi et surtout les faits prouvent. Oui docteur, un exemple : vous aurez du mal à trouver des présidents hautement diplômés dans ce monde, qui ont sorti leurs pays dans la pauvreté ; alors qu'on peut vous citer facilement plusieurs présidents (niveau d'école inferieur ou égal au Bac) qui ont sorti leurs pays dans la misère. C'est pour vous dire qu'il ne faut pas confondre instruction, culture générale et l'art d'être dirigeant. Ce dernier c'est un art à part entière, qui suppose le désir d'aider le peuple à développer ses talents, son originalité, et son potentiel propre.

Celui qui a l'expérience sans le diplôme, cherche à valider ses acquis de son expérience. Mais comme aux Comores la validation des acquis de l'expérience (VAE) n'existe pas, une personne expérimentée sans théorie suffisante, peut trouver son complément dans son équipe, comme d'ailleurs celui qui a le diplôme cherche lui aussi l'expérience à coté des expérimentées.


C'est pourquoi je suis convaincu que Fazul peut être un bon chef d'orchestre. Sachant qu'un bon chef d'orchestre n'est pas forcement quelqu'un qui sait jouer de tous les instruments ; ce qui lui rend fort, courageux et actif, c'est justement la certitude qu'il n'est pas réduit à ses propres moyens ou à ses propres connaissances, MAIS qu'il peut compter aussi sur son équipe. Je pense que savoir travailler en équipe c'est une qualité. N’est ce pas ?


Je ne trouve pas ni manipulation ni de quoi avoir honte dans l'équipe de Fazul. Au contraire je trouve une équipe au grand complet qui regroupe des hommes d'expériences et des nouvelles têtes pensantes. 

Cher docteur,
il ne faut pas confondre instruction, culture générale et l'art d'être dirigeant. Etre dirigent est un art à part entière, qui suppose le désir d'aider le peuple à développer ses talents, son originalité, et son potentiel propre. Il n'y a pas d'expert qui soit absolument compétent.

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Publié dans Tribune Libre

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