La question de Mayotte selon le candidat Boléro
Le comorien doit se méfier en cette période électorale, de tout homme ou femme qui refuse son passé, qui cherche à se faire blanc comme neige après avoir était le caméléon rouge d'été. C'est d'ailleurs un des points du candidat Boléro que je trouve très honnête. Ce n'est pas Mrimdu qui le dit, c'est Boléro lui-même.
Boléro : « Je me place en tête de tous ceux qui s'approprient et se reconnaissent du bilan des trois annees (1999-2002) et des quatre ans (2002-2006) du président Azali, sans aucun complexe, mais au contraire avec fierté. Ceci pour épargner à certains un débat inutile ».
Aujourd'hui Mrimdu vous présente la vision de son candidat Boléro sur la question de Mayotte. Car Boléro trouve que :
• « La question mahoraise est devenue, un fond de commerce électoral qui pousse à l'extrême un nationalisme qui n'a pas besoin d'éclat pour s'affirmer ». Alors s'il vous plait pragmatisme et respect. « L'Etat doit tenir désormais comme premier responsable de nos problèmes internes, les Comoriens eux-mêmes et non les étrangers »
• « Notre génération n'a plus le droit ni de considérer la France comme le diable qui veut anéantir notre pays en le balkanisant, ni comme le père noël qui doit tout faire pour que nous vivions décemment ».
Il y a deux ans Boléro a exposé sa vision sur la question de Mayotte.
« Pour l'île comorienne de Mayotte, une politique basée sur la réalité et non sur les sentiments doit être, rigoureusement engagée. Seul le résultat doit compter. La réintégration de Mayotte au sein de son ensemble naturel ne doit plus être le moyen par lequel nous maintiendrons notre relation presque conflictuelle et parfois même passionnelle et pleine d'intrigues avec nos frères et sœurs restés derrière le « mur » de la honte. Les Comoriens devront enfin trancher : aucun débat possible sur l'appartenance ou non de l'île comorienne de Mayotte dans son ensemble naturel. Mayotte restera comorienne aussi longtemps que l'Etat comorien existera.
Nos efforts, par conséquent, doivent s'orienter vers une réconciliation sincère et franche entre les populations des îles de l'archipel des Comores, y compris de Mayotte.
Ainsi, nous devons pratiquer une autre politique. Elle doit confirmer notre droit inaliénable, mais elle ne doit mettre en aucun cas de côté le souhait des Mahorais de vouloir jouer un rôle dans la promotion d'une vie meilleure dans l'Océan Indien.
Nous devons aider nos compatriotes à se confirmer et à se sentir les premiers concernés et premiers responsables de leur destin en multipliant les rencontres au niveau des pouvoirs locaux, les échanges dans le cadre de la coopération décentralisée et même en imaginant un meilleur cadre pour un espace économique et financier dépassant tous les clivages de quelque ordre que ce soit.
C'est ce volontarisme dépoussiéré de tout préjugé, de toute arrière-pensée qui découragerait tous les extrémistes de tout bord, pour laisser la place à la raison et à l'intelligence qui bannirait l'infantilisation et l'instrumentalisation de cette question pourtant déterminante pour l'avenir de notre archipel face aux grands défis de la mondialisation.
Nos relations avec la France doivent cesser d'être passionnelles. Elles doivent prendre définitivement l'élan des relations normales de partenariat pour perdre désormais ce caractère conflictuel qui constitue pour certains politiques comoriens un fond de commerce électoral qui pousse à l'extrême un nationalisme qui n'a pas besoin d'éclat pour s'affirmer.
Nous sommes presque condamnés à poursuivre d'une manière continue cette politique de concertation et de dialogue avec l'ancienne puissance coloniale tant au niveau bilatéral que bien sûr au niveau multilatéral. Beaucoup de choses nous lient avec la France et peu pourraient constituer un facteur de conflit. Notre génération n'a plus le droit ni de considérer la France comme le diable qui veut anéantir notre pays en le balkanisant, ni comme le père noël qui doit tout faire pour que nous vivions décemment.
La France doit cesser de constituer pour nous un fantasme, un sujet tabou, un domaine mystérieux dont la découverte et la maîtrise sont un baromètre d'intelligence ou de témérité pour un homme politique comorien.
L'Etat doit tenir désormais comme premier responsable de nos problèmes internes, les Comoriens eux-mêmes et non les étrangers.
Nous devons réapprendre à vivre ensemble dans le respect de nos différences. Cette approche prendra le temps qu'il faut, mais elle reste l'unique approche responsable et surtout réaliste ».
Si la maquette politique du candidat Boléro est claire ; sachez-le bien que tout ce qui est véritablement sage est simple et claire. (Suite le 20/09/2010)
Abdou Hamadi Mrimdu