Le ministre de l'Economie, Abou Oubeid, innove

Publié le par Inoussablog

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Attention, la balance commerciale des Comores est en net déséquilibre ! Dans un entretien avec le quotidien Al-watwan, le ministre Abou Oubeid Mze Chei, grand connaisseur des méandres de l’économie nationale, a exprimé ses profondes inquiétudes si cela venait à perdurer.

 

Chiffres à l’appui, il a dressé un état de lieux critique de la situation économique de notre pays : « En décembre 2009, les importations avaient atteint 63,9 milliards de fc, c’est-à-dire 63,9 milliards sortis des Comores. C’est de l’argent qui a quitté ici pour servir à l’extérieur. Cela représente deux fois et demi le budget de l’Etat ». 

Le Golfe arabique et la Chine sont devenus les deux principales destinations des commerçants locaux en raison du coût jugé « abordable » des produits de consommation. Et le ministre de l’Economie de poursuivre : « Le nombre de petits commerçants, pour la plupart non patentés, est en augmentation continue, notamment ceux du commerce avec Dubai. Le petit commerce est une réponse partielle et provisoire au chômage ; cela ne va pas sans déséquilibrer notre commerce extérieur de façon dangereuse. Ce sont des activités d’achat et de revente, sans aucune valeur ajoutée, sans aucune création de richesse ». On ne saurait être plus clair. Selon Abou Oubeid, pour sortir de cet engrenage, il faut tabler sur une rentrée de devises, « sinon on assistera à un ralentissement de la circulation monétaire et il sera difficile pour les commerçants d’écouler leurs marchandises ». 

C’est ainsi qu’il propose une détaxation de l’or. « L’objectif poursuivi est d’attirer les négociants e or et autres métaux précieux vers les Comores. Une note ministérielle vient de réglementer la norme en matière d’or. La norme retenue est le 18 carats » écrit Kamardine Soulé, journaliste à Al-watwan. Avec cette mesure, les institutions de crédit de la place n’auront aucun mal à accepter l’or en tant que garantie. Et l’activité économique s’en trouvera renforcée. Le ministre entend faire des Comores « une place importante du négoce de l’or ». 

Deuxième mesure : la création d’une zone franche de réexportation vers les pays de l’Océan Indien, d’Afrique de l’Est et Australe. Beaucoup de pays en développement, à l’exemple du Maroc, ont déjà adopté ce concept avec des succès évidents. 

La dernière mesure porte sur l’adhésion des Comores à la Société islamique de développement (SID) et à la Société islamique d’assurance des investissements et crédits à l’exportation (SIACE). Le journal Al-watwan précise : « En ce qui concerne la SID, l’accord a été signé. Il reste à être ratifié par l’assemblée nationale et trois mois après la ratification, le pays pourra accéder aux financements de projets du secteur privé qui contribuent à la croissance économique. Quant à la SIACE, l’adhésion permettra aux promoteurs comoriens d’avoir accès au fonds de garantie de 120 millions de dollars annoncé à Doha ». 

Loin des projecteurs, le ministre de l’Economie travaille d’arrache-pied pour remplir pleinement sa mission. Tandis que ses collègues multiplient les bourdes ou donnent le sentiment de s’assoupir. " Je ne me souviens de certains parmi eux que si je les vois à la télévision" m'avait un jour dit un collègue. 

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Publié dans Tribune Libre

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