Me Harmia: « La sécurité du général Salimou est compromise»
Cela fait 56 jours depuis que l’ancien chef d’Etat major de l’armée, le général Salimou Mohamed Amiri, est mis en résidence surveillée. Inculpé, le 31 août dernier, après son audition en qualité de « témoin » par le juge d’instruction en charge du dossier sur l’assassinat du lieutenant colonel Combo, ce général de brigade, actuellement, vit son incarcération dans des « conditions très difficiles », selon ses avocats, Me Harmia Ahmed et Mohamed Ahamada Baco, qui parlent d’une « détention qui ne dit pas son nom ».
Les défenseurs de l’ancien chef d’Etat-major de l’armée dénoncent, notamment les « restrictions imposées » à leur client qui serait privé de tout. Il n’a « ni téléphone, ni radio, ni télévision, ni journal », a confié Me Harmia Ahmed, lors d’une conférence de presse tenue, hier après midi, à l’hôtel Itsandra. « Il vit comme dans une cellule », a-t-elle lancé, se demandant « pourquoi ce régime spécial ». Les avocats de l’ancien patron de l’AND ont, surtout, insisté sur les menaces qui pèsent sur la sécurité de leur client.
« La sécurité du général Salimou est compromise », a jugé la bâtonnière du barreau de Moroni. Selon les avocats, un soldat qui fait partie de l’équipe en charge de la sécurité du général l’aurait menacé de mort et ils ont déposé une plainte avec constitution de partie civile contre lui. « Une preuve de plus qui confirme l’insécurité dans laquelle vit le général ».
Placé « sous contrôle judiciaire surveillé », un régime qui n’existerait dans « aucune loi », selon Me Harmia, l’ancien chef d’Etat major de l’armée serait complètement « isolé ». « Il est mis dans une chambre au fond de son appartement, entouré des militaires qui bloquent la circulation des alentours à 18 heures. Une arme lourde installée à l’intérieur est dirigée vers sa fenêtre », a décrit Me Harmia. Les avocats ont également affiché leurs inquiétudes par rapport à d’autres procédures qui seraient engagées envers leur client à leur « insu ».
« Il était auditionné chez lui par des gendarmes mandatés par le juge d’instruction à notre insu. C’était dans le cadre d’une enquête sur l’acte de rébellion le jour de sa première audition », a expliqué la bâtonnière du barreau de Moroni. Ils ont ensuite dénoncé la constitution d’une « commission d’enquête mise en place pour entendre le général Salimou dans le but de le radier de l’armée ».
À en croire Me Harmia, cette structure serait composée d’officiers supérieurs de l’armée nommés « généraux de divisions » pour la circonstance. « L’enquête est nulle et non avenue car elle n’a pas respecté le droit à la défense », a-t-elle rejeté parlant d’une « enquête viciée ». Au cours de cette rencontre avec les journalistes les avocats du général Salimou ont clamé haut et fort l’innocence de leur client.
« A partir des éléments à notre possession, nous avons l’intime conviction que le général est innocent et nous allons le prouver », a indiqué Me Baco. Me Harmia a, quant à elle, avancé que « l’assassinat du Lieutenant colonel Combo a servi de prétexte pour évincer le général Salimou à la tête de l’AND ». Les deux avocats ont indiqué qu’ils ne toléreront pas que « la procédure soit bâclée ».