Mobilisation record de la coalition Fazul- Mohamed Ali Said
Jamais, depuis l’ouverture de la campagne électorale à Mwali, aucune formation politique ou candidat n’a pu rassembler autant de monde que la coalition Fazul- Mohamed Ali Saïd ce mercredi de l’aéroport Bandar es Salam jusqu’à la place du parking de Salamani. Ils étaient plus de 3000 militants et sympathisants du candidat à la présidence Mohamed Said Fazul et ceux du candidat au gouvernorat de l’île Mohamed Ali Said, à envahir le terrain d’aviation de Bandar es Salam pour accueillir celui qu’on appelle ici « le père de l’autonomie », accompagné de ses trois vice-présidents Said Larifou de Ngazidja, Soundi Abdoulatuf de Ndzouani et Chaabane Bacar de Mwali, mais surtout du Gouverneur Mohamed Ali Said qui revenait de l’extérieur. Ils ont tous fait la marche à pied de Boingoma jusqu’au parking où le meeting d’ouverture est prévu.
L’annonce du défilé populaire a été faite dès la veille par un mégaphone qui a sillonné la capitale mohélienne et ses environs ainsi que dans les autres régions de l’ile. Les posters du candidat Fazul et ses colistiers ont finalement atterri ce mardi à Mohéli après une longue absence sur les murs, et la distribution se faisait comme des petits pains. La mobilisation pour l’accueil a commencé dès l’aube et à 11h, l’heure d’arrivée du vol, l’artère qui mène du parking (Salamani) lieu du meeting d’ouverture au terrain d’aviation était impraticable, une vague surprenante des jeunes, adultes, hommes et femmes au rythme de danses populaires, l’a complètement envahie.
« Non ! il ne devait pas y avoir des élections, le lundi on devait tout simplement amener Fazul à Beit-Salam [siège de la présidence de la république, ndlr] » renchérit un inconditionnel de celui qu’on appelle ici le père de l’autonomie, Mohamed Said Fazul. « Pas de deuxième tour pour Mohamed Ali Said c’est déjà clair » a annoncé Mohamed Rama le premier intervenant du rassemblement de la place du parking de Salamani.
« Tout sauf un baobab » un slogan annoncé la veille sur la même place par Chabouhane le vice-président de Bianrif Tarmidi, autre candidat de l’opposition, qui se nomme mbaba oulozo, lors de leur meeting, repris successivement ce début d’après midi par Larifou, Mohamed Ali Said et Fazul. « J’ai été sacrifié pour que la tournante vienne à Mohéli en 2010 et ceux qui voulaient que cela se prolonge jusqu’à la fin 2011, aujourd’hui ils demandent votre confiance, pourquoi n’attendent-t-ils pas jusqu’à leur date ? » s’est demandé celui qu’on appelle « le père de la tournante mohélienne ».
« Notre coalition, pour ceux qui en doutaient, est très sérieuse, nous avons divergé en politique et maintenant nous convergeons dans la politique et c’est pour le bien des mohéliens » a indiqué Mohamed Ali Said pour débuter son discours. Quant à Mohamed Said Fazul il a appelé encore une fois tous ses partisans à donner leur confiance à Mohamed Ali Said, candidat à sa propre succession à la tête de l’île, « pour qu’il soit élu dès le premier tour en récompense du sacrifice qu’il a consenti » pour la tournante mohélienne. « Mohéliens notre objectif est d’abattre le baobab d’un seul coup » a-t-il lancé.
Le président du parti RIDJA, Said Larifou a quant à lui, après avoir demandé à la foule de se lever pour observer une minute de silence en souvenir des victimes de la lutte pour cette tournante, a dévoilé leur programme qui a un volet spécial pour la jeunesse et surtout la décentralisation de l’université, la santé avec un hôpital de référence dans chaque ile, élargissement de la capacité de la société des hydrocarbures à Mwali et les infrastructures de base tel qu’un aéroport à Mwali qui pourra répondre à nos besoins, « mais pas international comme le dit l’autre » précise Me Larifou sans pour autant dire où trouver l’argent. « Dans les jours à venir, nous allons vous donner les détails de notre programme » a-t-il ajouté.