Quand le Comité Maoré porte Sambi aux nues
Il fallait écouter l'animateur principal du Comité Maoré tresser des lauriers roses au président Sambi après son discours de New York. Même les affidés du régime n'y sont pas allés aussi fort. Comme s'il suffisait de tenir un bon discours aux Nations unies pour rétrouver Mayotte.
Les actes sont venus confirmer que l'allocution du chef de l'Etat aux Etats-Unis n'engageait que ceux qui l'écoutaient. Dans sa conférence de presse à Moroni, le Comité Maoré avait continué à se féliciter du discours présidentiel comme si de rien n'était et malgré le coup de poignard que le ministre des affaires étrangères venait de planter dans le dos du peuple. Ils n'ont condamné la signature des accords de défense avec la France que du bout des lèvres et ont préféré assurer l'apologie du pouvoir.
On s'en souvient: lorsque Sambi avait proposé aux Nations Unies la formule "un pays, deux systèmes" pour regler le contentieux mahorais, le Comité Maoré avait applaudi des deux mains, si ce n'est pas lui-même qui avait soufflé l'idée au président comme on le dit. Cette proposition nous vaut jusqu'ici les sarcasmes et les moqueries du Quai d'Orsay. Le célèbre militant du Front Démocratique à Mayotte, Youssouf MOUSSA, qualifie même cette proposition d'absurde (sic). Si Hong-Kong a pu être restitué à la Chine après plusieurs années sous administration anglaise, c'est parce qu'il s'agissait d'un bail. Jusqu'ici, la France ne reconnait même pas la comorienneté de Mayotte. Les deux cas sont loin d'être similaires. Et il faut une approche plus réaliste.