Ça suffit !
Cette semaine, du 20 au 22 septembre 2010, un grand Rendez-vous est pris à New York où les présidents décideurs et les présidents amateurs se retrouvent pour une évaluation à mi-parcours du Sommet des OMD. En effet, il reste cinq ans aux Etats membres de l'Onu pour réaliser les Objectifs du Millénaire, adoptés à New York le 8 septembre 2000, à l'issue du Sommet du Millénaire. Mais qu'en est-il de la situation aux Comores ?
Le président comorien n'était pas du tout initié à cette musique. Ni les gestes ni le jargon. Par contre, il se déplace pour être parmi ceux qui applaudissent leurs pairs. En réalité, le président Sambi ne saisit pas le sens et l'importance des OMD. En a-t-il parlé une fois dans ses discours fleuves sans tête ni queue ? Jamais. Pourtant ce ne sont pas les occasions qui font défaut.
Pourquoi tant d'égarements, tant d'incohérence politique ? Cette interrogation à vrai dire, restera à jamais sans réponse convaincante, comme si en réalité, Beit Salam avait fondu les plombs, perdu les pédales. Au lendemain de l'opération spectaculaire qui a fait du général Salimou, ''prisonnier martyr '', ou à cet instant même où tous les yeux sont fixés sur le parquet de Moroni, quant au doute qui pèse sur la gestion chaotique des sociétés d'états, dénoncée par le pouvoir lui-même, ou à l'approche des dates des élections qui s'annonçaient imminentes, nous n'entendons que des bla-bla-bla... Et bla-bla-bla... Jusqu'à l'outrecuidance finale, la petite phrase radicalement ridicule : '' je suis le président le plus trahi''. Stop !
Dans un bordel généralisé, le citoyen comorien ne comprend rien de ce qui se passe, de se qui se dit et de qui se fait. Tout cela, le président le sait. Un président qui en souffre. Mais pourquoi ne parvient-il pas à prendre de la hauteur, à assumer toutes les exigences, tous les devoirs de sa fonction ? C'est précisément cela, le mystère sambiste que nous avons dénoncé à temps mais qu'on nous a tirés dessus et accusés de ne pas aimer le président.
Les députés de la Mouvance présidentielle se plaignent parce qu'ils sont écartés des grandes décisions prises au sommet de l'Etat. C'est inquiétant. Un vice président et un secrétaire général de la présidence qui se démarquent du chef de l'Etat. Le Premier Magistrat du pays se plaint et s'en prends à tous ses proches collaborateurs. La République est en danger.
Le président Sambi sait bien que l'opération '' citoyenneté économique'' accélère le processus de destruction de son autorité. C'est ici où réside le malaise entre le président lui-même et son premier cercle, vices présidents, ministres, élus, conseillers. Et c'est probablement une des raisons d'une trahison. Tout ce cirque n'a qu'un seul objectif ; retarder les élections harmonisées. Mais Sambi oublie que les Comores ne sont pas la Côte d'Ivoire de Gbagbo.
Dans tout ça, que va-t-il dire à New York ? Dans l'agenda, il ne s'agit pas de parler de Mohamed Bacar ni de Mohamed Abdouloihabi qui lui sont toujours des épines. Il s'agit de parler de la réduction de la pauvreté. Les indices prouvent que chez nous ce fléau monte en flèche depuis que Sambi est à la tête de l'Etat. Combien atteignent les dépenses publiques par enfant scolarisé ? Et le baromètre de la mortalité infantile ? Et la santé maternelle ? Combien de femmes meurent pendant leurs grossesses ou à l'accouchement ? Qu'a-t-il fait de notre environnement ? Comment a t-il orienté l'aide publique ? Avec le potentiel que notre pays possède, les OMD étaient tout à fait à notre portée. Mais Sambi qui a trafiqué le pétrole, le riz, l'Habitat et même la citoyenneté n'est pas et ne sera jamais l'homme du millénaire.
Ça suffit les discours mielleux, la démagogie et les mensonges. Il a raté une occasion de réaliser un bond spectaculaire.