Alliance électorale ou opportunisme politique ?

Publié le par Bangwenet

La campagne électorale pour le deuxième tour des élections présidentielles et des gouverneurs a commencé dès la nuit du vendredi à samedi 20 novembre. Cette première partie est marquée par les alliances entre les partis et mouvements politiques. Mais quelles sont ces alliances qui sortent de l’ordinaire ?

1243207637-copie-1Un vieux dicton nous disait « qu’en politique, les meilleurs ennemies peuvent devenir des amis intimes ». Ce dicton prend tout son sens dans cette élection présidentielle et des gouvernorats, qui va se dérouler le 26 décembre prochain. On assiste à des alliances qui sortent de l’ordinaire et il y a encore quelques mois impensables. Visiblement le candidat du Baobab et donc du président Sambi a le vent en poupe. Dans ce registre des alliances contre nature, on peut citer le cas de Said Ali Kemal qui choisit de voter pour le candidat du pouvoir.

« Je n’ai pas encore décidé mais j’y pense car ce serait une bonne idée de voter pour Ikililou », lance ce président de la principale coalition de l’opposition à Sambi. Ce leader emblématique du parti Chuma explique son choix pour la seule et unique raison que « Fazul ne va pas être élu ». Quand on se souvient des positions extrêmes de Said Kemal à l’endroit du régime Sambi, l’opinion semble déboussolée par cette annonce. Kemal et ses amis de la « Convergence Nationale pour Mai 2010 » (une structure qui regroupe les partis d’opposition) ont attaqué et fustigé le comportement de l’actuel président que ce ralliement paraissait impossible.

Dans ce même ordre d’idées des ralliements politiques qui choquent, on mentionne la nouvelle position d’Elbak et son parti Dudja. Cet ancien président de Ngazidja a appelé ses partisans à voter pour Ikililou et Mouigni Baraka, deux candidats d’un pouvoir qui l’a pourtant malmené même pendant la campagne. Tout en reconnaissant que « Sambi l’a trahi », cet ancien chef de l’exécutif de Ngazidja, longtemps malade, « invite ses sympathisants à voter pour Ikililou, le candidat mais pas le vice-président du régime ».

Elbak dit choisir le camp du pouvoir car « l’opposition n’a pas répondu à ses conditions ». Et lui d’ajouter que « l’opposition l’a trahi pendant le premier tour ». Les militants du parti Dudja sont aussi invités à élire Mouigni Baraka du Mouvement Orange. Pourtant, durant la campagne le candidat de cette jeune formation politique n’a cessé de s’en prendre à ce prétendant du Mouvement Orange en le traitant de tous les noms. Mais Elbak nous annonce pour justifier son choix « qu’il s’agit d’une ancienne connaissance car c’est lui qui l’a nommé à la douane ».

Plus surprenant encore, la réaction du vice-président Idi Nadhoim après sa défaite cuisante aux primaires de Mohéli. Le colistier du candidat Elarif Oukacha revient à la maison mère après une fugue de quelque mois, par une déclaration publiée dans la presse. Le vice-président de Sambi à Ngazidja demande à voter Ikililou, « pour la continuité de l’action du gouvernement ». Un gouvernement avec lequel Idi avait pris ses distances. On se souvient de ses sorties qui qualifiaient le président de « chiite » et accusaient son gouvernement de « frauder les élections en faveur de son candidat ».
Signe d’un climat malsain dans le ciel politique comorien, certaines formations politiques n’arrivent pas à se décider. C’est le cas du Front démocratique. Selon un responsable de ce parti, « les bureaux politiques régionaux réfléchissent toujours sur la conduite à adopter ». Selon cette même source, « la décision est retardée par les verdicts des îles ».

Le Parti pour l’entente des Comores (PEC) se trouve aussi dans cette situation d’incertitude. Si pour les présidentielles, ils ont choisi Ikililou, les responsables de ce parti fondé par Me Fahmi Said Ibrahim « n’arrivent pas à s’entendre » pour les gouverneurs surtout à Ngazidja. Les récents échanges d’hostilité entre le PEC et le Mouvement Orange, nous font comprendre que ces divisions sont encore loin d’être surmontées au sein du régime, malgré les rappels à l’ordre d’un président Sambi, obligé par les siens de sortir de sa neutralité de Chef de l’Etat, pour battre campagne. Décidément la démocratie comorienne est en panne.

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Publié dans Politique

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