Comores-présidentielles : La sorcellerie….
A Mohéli, tous les candidats aux élections présidentielles, sans exception, se chamaillent à longueur de journée pour se départager les sorciers de l’île. On n’en est pas encore à la pêche aux électeurs, qui eux, dépendent surtout du meilleur marabout que le candidat louera les services en lieu et place d’un expert en communication et en image.
On enduit les uns d’huile de tortue, les autres de cendres de bois d’ylang… pour invoquer les Djinns des îlots de Nyumachouoi. Pire, certains sont astreints à bouffer cru, les chauves souris Livingstone, le géant des vampires. Brrr !
Sur les plages sublimes de l’île ou bercent les Ducong, la vache des mers, poissons rares qui vit sur l’herbier marin des fonds de Mohéli, des feux sont allumés tous les soirs et font fuir, les tortues géantes vertes, qui préfèrent pondre leurs œufs au clair de lune.
La chaleur d’enfer invite la sorcellerie démoniaque, à s’y exprimer. Tous les candidats se bousculent pour se mettre en transe. Les membres des comités de soutien des prétendants au trône, communient, confessent eux-aussi auprès des démons.
Les colistiers des candidats, originaires d’Anjouan et de la Grande-comore, par des tares physiques, des infirmités qui plaisent au diable, pactisent avec Satan pour se lancer les plus ignobles des maléfices.
A l’inverse de la vie, à l’opposé de la justice divine, le diable convié exauce les vœux machiavéliques, récompense les plus mauvais des hommes mais punit et écarte du chemin de Beit –Salam les moins méchants d’entre eux.
Sous le vacarme infernal des danses endiablées, les vices sont exacerbés et les débauches jadis refoulées s’épanouissent jusqu’au chant du coq. Et comme dit le proverbe préféré des Mohéliens, « Wa Mwali wa Siha le kanka », les Mohéliens ont attrapé l’oiseau de mauvais augure.
Les sorciers, les candidats à l’apothéose et leurs colistiers, peuvent lancer autant d’incantations et de sortilèges, mais ils ne peuvent jamais calmer les malheurs de notre temps. Et comme de tout temps, les Mohéliens finiront par allumer le bûcher…pour chasser de leur terre les esprits maléfiques.
Mais moi, fensso, je vais fredonner Ye Mfoididike, Mindjaka Yavpo ! Je vais me coucher…
Fensso.