Fazul et Larifou à la conquête des voix de la diaspora

Publié le par Faissoili Abdou

C'est depuis la France que le candidat Mohamed Saïd Fazul a lancé sa campagne du deuxième tour pour l'élection présidentielle du 26 décembre prochain. Accompagné de son colistier Saïd Larifou...

C'est depuis la France que le candidat Mohamed Saïd Fazul a lancé sa campagne du deuxième tour pour l'élection présidentielle du 26 décembre prochain. Accompagné de son colistier Saïd Larifou, ce prétendant à la course vers la magistrature suprême, arrivé en deuxième position à l'issue des primaires à Mohéli, a effectué des tournées dans trois grandes villes de France pour aller à la rencontre de la diaspora comorienne établie dans l'hexagone.

Le candidat Fazul explique cette démarche par « l'importance » qu'ils accordent « aux Comoriens de France ». On constate que cette communauté semble de plus en plus attirer l'attention des différents états-majors politiques dans le cadre de la campagne électorale en cours. Dans le cadre de cette mission, Fazul et Larifou ont organisé une conférence de presse dans un grand hôtel de Paris lors de laquelle, ils ont tracé les grandes lignes de leur projet de société qui, selon eux, est axé sur cinq engagements prioritaires à savoir « la justice, la santé, l'éducation, les infrastructures, l'agriculture et la pêche ».

Ces deux membres de l'opposition n'ont pas manqué de critiquer les quatre années et demi du régime Sambi. Une période durant laquelle « les Comoriens ont souffert d'une politique basée sur des chimères, une volonté de dresser les uns contre les autres, une violation flagrante des droits humains et des libertés, le piétinement des principes fondamentaux de la réconciliation nationale, l'instrumentalisation de la cour constitutionnelle, l'interférence dans le fonctionnement de la justice, la politisation de l'armée et le détournement des aides extérieures », ont-ils soutenu.

Poussant un peu plus loin leurs critiques, ces deux hommes politiques réunis pour la bataille électorale en cours soupçonnent le chef de l'Etat Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et son dauphin de « vouloir modifier la constitution au terme de la tournante mohélienne pour instaurer un guide suprême de l'Etat comme en Iran ». Etrange, non ? « Bien entendu, ce poste sera taillé à la mesure du président Ahmed Abdallah Sambi », ont-ils avancé...

Les deux conférenciers sont revenus sur le scrutin organisé le 7 novembre dernier pour dénoncer « une fraude massive orchestrée par la Ceni avec la complicité de l'AND ». Une « fraude » qui, selon eux, aurait favorisé l'arrivée en tête du candidat soutenu par le pouvoir, M. Ikililou Dhoinine en devançant de « 700 voix » son concurrent Mohamed Saïd Fazul qui est en deuxième position et loin derrière Abdou Djabir, le troisième sur la liste après l'invalidation d'une partie des voix obtenus par Bianrifi Tarmidi.

« Comment peut-on parler d'élections crédibles lorsque les militaires se permettent d'entrer dans les bureaux de vote pour arracher les procès verbaux et les falsifier, au vu et au su de tout le monde, comme cela s'est passé à Anjouan ?», se sont-ils interrogé dénonçant au passage « des simulacres d'inaugurations d'édifices publics, de pose de première pierre pour des chantiers fictifs » organisés par le régime en place pour favoriser son candidat. Et de lancer cette mise en garde : « sachez que si Ikililou devait gagner irrégulièrement cette élection, les Comoriens ne sauraient le pardonner, et le pays risquera de basculer dans la violence, car cette fois-ci nous n'allons pas nous laisser berner par des règles faussés dès le départ ».

Ils ont, de ce fait, plaidé pour la « mise en place d'une brigade anti fraude et le renforcement du comité de vigilance ». Selon Saïd Larifou, ils auraient approchés « la commission de l'océan indien (COI) pour voir si elle peut dépêcher des OPJ venant des pays de la région pour sécuriser le scrutin ». Lors de leur conférence de presse le tandem Fazul-Larifou a également survolé d'autres points relatifs à la diplomatie comorienne et aussi la question de Mayotte.

« Nous n'apprécions pas que la diplomatie de notre pays soit réduite à la mendicité et au double langage », a lancé Mohamed Saïd Fazul. « Sambi a favorisé l'arrivée aux Comores de fonds suspects d'origine douteuse », ajoute Larifou. Et cet avocat d'accuser le chef de l'Etat d'avoir « inscrit les Comores dans l'axe du mal ». S'agissant de la question de Mayotte, ces eux responsables politiques n'ont pas été clairs sur leur position.

« C'est une décision, c'est une loi qui a été prise par les autorités françaises par rapport à un contexte donné. Demain, il y aura un autre contexte », a éludé Saïd Larifou à la question de savoir leur position après le vote par le parlement français des lois sur la départementalisation de Mayotte. Le candidat Fazul a, quant à lui, clairement affiché son opposition par rapport à la solution proposé par le président Sambi sur le système « un pays deux administration ». « Un pays ne peut avoir deux administrations »,a-t-il tranché...

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Publié dans Politique

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