Goldberg : « Mayotte est française et il n'y a pas de débat »
La délégation d'élus français conduite par Daniel Goldberg, député, Vice-Président du Conseil Général de Seine-Saint-Denis et Président du groupe d'amitié franco-comorien a quitté l'archipel ce lundi de l'aéroport de Dzaoudzi.Après avoir passé quatre jours à Ngazidja (du 2 au 6 octobre), trois jours à Anjouan (du 6 au 9 octobre) et 1 jour à Mwali (du 9 au 10), et la délégation est arrivée à Mayotte dimanche. Elle a été chaleureusement accueillie par le député Aly Abdoulatifou (MODEM) qui aurait dû faire la tournée dans l'archipel, mais qui n'a pu se joindre aux autres députés pour des raisons non explicitées.
Les parlementaires ont tenu à visiter le tristement célèbre Centre de Rétention administratif (CRA) de Pamandzi, où sont enfermés les Comoriens et malgaches sans papiers français. Plusieurs rapports d'organisations françaises ont déjà dénoncé les conditions inhumaines de détention dans ce centre. Alors, pour l'arrivée des députés, le CRA a été nettoyé et les militants de la CIMADE qui s'y trouvaient le matin et qui ont dû déguerpir, affirment que certains « sans papiers » ont été déplacés ailleurs pour ne laisser dans le centre qu'une vingtaine de détenus.
Joint par HZK/La Gazette des Comores dès dimanche, Daniel Goldberg s'est montré très disposé à rencontrer les associations qui, tous les jours, essaient de faire appliquer les lois françaises s'agissant des « reconduites à la frontière ». Sans doute une manière de ne pas repartir avec « l'illusion de Mayotte ».
Il a également rencontré jusqu'à l'heure de son départ le lundi, les élus et politiciens maorais. L'un d'eux s'est étonné qu'un député français prenne un Franco-Comorien comme attaché parlementaire, en l'occurrence Bacar Soilihi qui accompagnait D. Goldberg et avec lequel il milite depuis plusieurs années. Mais, le député français a été satisfait par l'intervention de Sarah Mouhoussoune du parti NEMA qui a évoqué les liens qui existent dans l'archipel et la nécessité d'un dialogue.
Le chef du NEMA, Saïd Omar Oili qui n'avait pu se rendre à la rencontre avec les élus, était présent à l'aéroport pour saluer les députés socialistes avec lesquels il semble avoir entrevu certains rapprochements. L'opposant maorais a attiré l'attention des autorités française sur la « bombe » que constitue la masse des enfants abandonnés, le plus souvent par des parents expulsés par la police française, et qui se retrouvent livrés à eux-mêmes dans les rues de Mayotte.
D. Goldberg reprend volontiers ce vocabulaire en confiant à HZK-La Gazette que « Mayotte est une poudrière ». Pour lui, la cause est l'immigration venant d'Anjouan qu'il soupçonne d'être entretenu par des « profiteurs ». Il est donc venu parler de la coopération décentralisée pour empêcher les départs vers Mayotte. Ainsi, le député souhaite un « développement économique régional partagé ». Le préalable pour lui reste que « Mayotte est française tant que les Maorais ne changeront pas de position sur cela, et il n'y a pas de débat ».
Ensuite, il explicite ce concept de « développement économique régional partagé ». Pour lui, une fois devenue département, Mayotte bénéficiera d'une manne financière. Mais, l'île doit entrainer avec elle les trois autres îles, pour éviter qu'elle ne croule sous le poids de l'immigration.
Il semble donc que les hommes politiques français aient décidé de conditionner la coopération française à la lutte contre « l'immigration ». Le chantage à l'économique que dénonçait le président Ali Soilihi prend un nouveau visage. Et l'accord de coopération signé par le gouvernement du président Sambi vise également à cet objectif de lutte contre le déplacement des Comoriens vers « le département » de Mayotte.
Mahmoud Ibrahime,
Correspondant à Mayotte
La Gazette des Comores
Correspondant à Mayotte
La Gazette des Comores
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