Triste fin de règne
Le rituel est presque immuable. Depuis 2002, lorsqu’un pouvoir arrive en fin de mandat, il se craquèle et donne à l’opinion l’impression de n’avoir été finalement qu’un panier de crabes. Le régime Azali a dû, en 2006, « louer » un candidat, en l’occurrence Ibrahim Halidi, à défaut de pouvoir compter sur Kaambi El-yachroutu, qui rechignait à assumer le bilan du pouvoir sortant.
Cette fois, c’est Idi Nadhoim qui tire à boulets rouges sur le régime Sambi en critiquant ouvertement ses orientations diplomatiques. Le vice-président veut donc enfiler le costume de « candidat de la rupture » pendant qu’Iklilou Dhoinine n’hésite pas à se définir comme celui de la continuité. Oui, la continuité des illusions et des projets pharaoniques, trop beaux pour être vrais, comme le raille l’ancien ambassadeur Mohamed Ali Dia.
Les régimes Azali et Sambi ont ceci de commun qu’aucun ne veut défendre son bilan et assumer ses errements. Il n’y a que Sambi lui-même qui croit avoir bien géré le pays. Pendant que le bateau s’approche des côtes, voilà que l’équipage saute par-dessus bord et s’accuse mutuellement. Kiki est dans le collimateur de la justice. Ses proches parlent d’un « sacrifice » et se demandent pourquoi Charikane et autres barons du régime ne sont pas inquiétés. L’heure n’est pas à la défense. En tout cas, difficile de se défendre quand les preuves sont aussi irréfutables. Le mot d’ordre est tout autre : « puisque nous avons tous pillé, payons tous sans exception ». Triste fin de règne.