L'opposition s'indigne contre le discours de Sambi

Publié le par Bangwenet

2951876139_1_3.jpgAprès la sortie du président du mardi dernier à l'occasion de l'Ide El Kabîr, l'opposition réagit. Elle s'indigne contre son implication directe dans la campagne électorale en se rangeant au côté d'Ikililou Dhoinine.

Comme chaque année, lors de l'Ide El Kabîr, le président reçoit des personnalités nationales et internationales et la population pour la traditionnelle présentation des vœux. Cette année la fête était marquée par un grand show au Palais du peuple où le chef de l'Etat a profité pour « lancer » la campagne électorale en faveur du candidat de la Mouvance présidentielle, Ikililou Dhoinine. Et cette attitude n'est pas du goût de l'opposition.

« Est-ce que Sambi est un chef de l'Etat ou chef du baobab [mouvance présidentielle] », s'interroge Houmed Msaidie, un ancien ministre de la défense au cours d'un entretien avec la Gazette des Comores. Le chef de l'Etat a profité de l'Ide en utilisant le Palais du peule et les medias publics pour passer son message. « Un candidat à l'élection présidentielle ne peut pas user des biens de l'Etat pour financer sa campagne. Le président Sambi est élu sans les moyens de l'Etat mais depuis qu'il est au pouvoir, il use et abuse des biens publics pour faire élire ses candidats », regrette Msaidie, ce baron de la CRC l'ancien parti au pouvoir sous le régime du colonel Azali.

Dans ce même contexte, Saïd Larifou, vice-président de Mohamed Fazul saisit cette occasion pour exprimer son indignation par rapport au discours du président Sambi de ce mardi. « Le chef de l'Etat a commis une erreur inadmissible en ouvrant la campagne électorale en faveur d'Ikililou avant le jour convenu. Ce discours qu'il a fait n'est pas digne d'un chef de l'Etat mais d'un chef de bande de copains », assène Saïd Larifou, leader du parti Ridja.

« Le président de l'Union doit respecter ses fonctions et se placer au dessus des calculs politiciens d'une élection », martèle le secrétaire général de la Convergence nationale, un regroupement des partis d'opposition. Cet ancien candidat à l'élection des gouverneurs en 2007 ajoute que « quatre ans et demi au pouvoir sans rien faire, ce n'est pas son fils spirituel qui va réaliser ses projets ».

Dans la deuxième phase des élections présidentielles de l'Union, la tension de l'opposition monte en puissance. Dans une lettre adressée au président de la Commission de l'Union Africaine, les huit candidats de l'opposition auxquels s'ajoute Elarif Oukacha contestent les résultats du premier tour en dénonçant « des fraudes massives » commises au cours de cette élection.

« L'opposition a raison de se manifester ainsi. Au cours de cette élection plusieurs dysfonctionnements ont été constatés comme le cas de l'achat de conscience à Mohéli. A Anjouan, c'était les militaires qui ont fait les élections », affirme-t-il. « Des bulletins soit disant sécurisés étaient entre les mains du pouvoir. Grâce à ces faits, nous allons porter plainte auprès de la cour constitutionnelle afin qu'Ikililou soit disqualifié des présidentielles », dixit Saïd Larifou.

Dans cette même lancée, Houmed Msaidie a estimé que « sur les 14.000 suffrages exprimés, les candidats qui ont signé cette lettre [du 15 novembre, ndlr] recueillent plus de 10.000 voix. L'opposition a donc logiquement gagné les élections à Mohéli. La dispersion des candidatures a toutefois entraîné la dispersion des voix », regrette-t-il.

 

Mohamed Youssouf

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Publié dans Politique

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