Le double discours des autorités comoriennes
Jamais on aurait imaginé que M. Sambi, du haut de la tribune des Nations unies, avec son éloquence incontestable (voir ici), allait tenter de nous manipuler, de nous faire croire qu'il est le président comorien le plus meurtri par la colonisation de l'île comorienne de Mayotte par la France.
Rédigé très simplement par un fin collaborateur du chef de l'Etat, mais avec des passages bien choisis pour conquérir l'opinion nationale et internationale, le discours du chef de l'Etat comorien à l'Assemblée générale de l'ONU portait les allures d'un discours qui se voulait historique. Et l'opinion nationale en a été persuadée. Même à l'opposition et du côté du comité mahorais on n'a pas pu sortir la moindre critique contre le chef de l'Etat.
Alors de ce point de vue là, le président et son gouvernement nous ont eus, tous. On a été séduit, le pays s'est senti fier de son numéro un. Un accueil triomphal lui a même été réservé cet après-midi à l'aéroport de Hahaya. Et selon un SMS de Comores télécom, ce jeudi, encore le président va parler, s'adresser à la nation, et nous dire sans doute qu'il a fait ce qu'il pouvait, mais la France continue de pousser son mépris envers nous.
Arrêtons-nous un instant. Deux jours après ce discours retentissant, notre ministre des affaires étrangères, avec l'accord bien entendu du président et du gouvernement, signe un accord dit « rénové » avec son homologue français de la défense. L'accord de partenariat de défense prévoit notamment une coopération sans doute étroite sur le dossier de la sécurité maritime. En clair, la France va contrôler légitimement nos frontières maritimes. Et Me Fahmi, très content du poste qu'il occupe, se fait photographier tout sourire avec Hervé Morin.
Que doit lui dire en cachette M. Morin. On ne sait pas, mais il doit s'en moquer, se dire quelle attitude de ces autorités comoriennes !
Pourquoi se précipiter à la signature de cet accord ? Tout cela ne fait qu'attester notre incohérence et le double discours de nos autorités. Certes, on ne peut pas prétendre rivaliser avec la France, un grand pays, riche, disposant d'un droit de veto au conseil de sécurité, mais cela ne nous empêche pas d'être fiers et de défendre notre intégrité.