Une résolution parlementaire contre les accords de défense ?
J'ai rencontré tel président, vu tel roi qui a accepté de nous aider, discuté avec tel vice-ministre,....Le discours du président Sambi de ce matin au Palais du Peuple n'était, en fait, qu'un compte rendu détaillé de son voyage aux Etats-Unis.
Pourtant, si on y regard de près, la diplomatie comorienne n'a rien fait de si magique pour mériter toute cette apologie. La question de Mayotte n'a pas été inscrite à l'ordre du jour de l'assemblée générale, ni discutée lors du débat général.
Ce qui aurait pu constituer un succès de taille de la part de notre ministère des Affaires étrangères. Rien de tel. Le chef de l'Etat a tout simplement profité de son temps de parole pour réaffirmer l'appartenance de Mayotte aux Comores et tirer à boulets rouges sur la France.
A la veille des primaires de Mohéli, le pouvoir a tout simplement voulu transformer un simple fait de l'actualité en une victoire politique en espérant engranger des voix chez les indécis et ouvrir un boulevard au candidat Iklilou Dhoinine. Il faut dire que ce discours de Sambi à New York n'a été aussi audacieux que celui de Said Kafé en 1985. Pourtant, on n'en a jamais fait un tel tintammarre. Après tout, quoi d'anormal et de si particulier quand un président de la République défend les frontières de son pays. Ce qui l'est moins en revanche, c'est lorsque son ministre des affaires étrangères signe des accords de défense avec la puissance coloniale en lui accordant la surveillance des frontières nationales (notamment maritimes) pendant qu'elle occupe une partie du territoire. On aurait aimé entendre le chef de l'Etat sur cette affaire.
Les parlementaires comoriens s'appreteraient à adopter une résolution condamnant ces accords lors de sa session ordinaire qui s'ouvre demain. Sûrement, les députés proches du parti Orange ont trouvé là une occasion en or pour laminer leur bête noire, Fahmi Said Ibrahim. Mais, ce dernier ne pêche-t-il pas aussi par amateurisme ?