Le PEC joue gros en prônant l’abstention
Audacieuse. C’est peut être bien la qualification qui conviendrait le mieux à la position prise par le Parti pour l’Entente Comorienne(PEC) au second tour de l’élection du gouverneur de l’Île de Ngazidja. En prônant l’abstention, le PEC, voulait continuer à marquer son opposition au mouvement Orange dont il a dénoncé « les agissements de corruption et de détournement de deniers publics » de ses principaux animateurs depuis les dernières élections législatives.
S’allier à la candidature de Mouigni Braka aurait été vécu comme un retournement de chemise pour ce parti qui a tant vilipendé l’Orange et ses dirigeants. Mais demander à ses militants de s’abstenir relève de l’audace, surtout depuis que le président Sambi ait publiquement pris position pour Mouigni Baraka et exhorté, par la même occasion, tous ceux qui se réclament de son camp à voter pour lui.
La position prise par le PEC risque d’envenimer davantage le malaise et le s luttes intestines qui rongent la mouvance présidentielle à un moment où une union sacrée devrait être de mise. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette position est tout sauf neutre : elle va exacerber les divisions et les ressentiments au sein de l’équipe de campagne de M. Dhoinine. Ce qui est préjudiciable à la marche de celui-ci vers une victoire. Il reste à voir comment cette indiscipline sera traitée par le camp présidentiel. Quoi qu’il en soit, le PEC risque de s’isoler davantage au sein de son propre camp.
Mais là où cette position parait la plus audacieuse, pour ne pas dire suicidaire, c’est quand ce parti qui s’enracine dans la région d’Itsandra choisit d’aller à contre-courant de son idéologie, à savoir favoriser l’accession des enfant de la région dans les hautes sphères de l’Etat( ce parti a fait campagne sur thème dans la région lors des précédentes élections des présidents des îles et pendant les dernières élections législatives). En s’employant à barrer la route à la première personnalité de la région qui se trouve, pour la première fois des Comores indépendants, sur le seuil d’un pouvoir suprême, les dirigeants du PEC risquent de se mettre à dos les trente-deux villes et village de la région et de réveiller les vieux démons des rivalités inter-villageoises. Il y va de l’existence même de ce jeune parti dans la région.
Ce qui est certain, en appelant implicitement à ne pas voter Mouigni Baraka, les dirigeants du PEC ont pris le risque de mettre à l’eau le travail de terrain qu’ils ont déployé ces dix dernières années pour enraciner leur parti dans la région d’Itsandra et de mettre à mal les efforts de la mouvance d’unir ses alliés derrière la candidature d’Ikililou Dhoinine. Ironiquement, en se désolidarisant de la position de la mouvance de soutenir Mouigni Baraka, la position du PEC est plus dommageable à la candidature d’Ikililou qu’à celui de Mouigni Baraka.
Abdou elwahab Msa Bacar
Natif de Dzahani II, Itsandra yadjou