Les grands périls et les principales menaces….

Publié le par Bangwenet

Entre l’islamisme du Front National pour la Justice et les idées révolutionnaires du Front Démocratique, le collectivisme d’Ali Soilih, le féodalisme des verts, le libéralisme des blancs, qu'en est-il des idéologies aux Comores ? Alors qu’elles constituaient le principal schème structurant la société comorienne, après l’indépendance et jusqu’au régime brutal des mercenaire, les idéologies quittent définitivement la sphère politique. Les coalitions accouchées au forceps pour les présidentielles de l’Union témoignent de la faillite des idées et de l’échec de la classe politique qui les porte.

 

x610.jpgLes idées laissent la place à l'émergence de nouvelles formes et tendances graves, portées par la crise financière et nourries surtout par la corruption généralisée, entretenue et bichonnée par la justice comorienne qui en assure l’impunité. L’Etat, le pouvoir sert à enrichir les hommes et les femmes qui sont aux postes de décisions, aux postes de commandement.

 

La population comorienne ne cache plus son désenchantement face au politique et à ses croyances affiliées. Les repères gauche-droite s’effritent, la ligne de démarcation ou de rupture entre la droiture et la rapine, la perspicacité et l’inculture, la compétence et l’ignorance s’estompe. Partout les convictions sont relayées par les préjugés. Les élections sont devenues les moments privilégiés de redistribution de l’argent dérobé ou d’investissement assuré pour accéder aux caisses de l’Etat. Et l’électeur se délecte et en abuse !

 

Les nouvelles formes de contestations politiques, modérées, portées par les associations, sont conduites en marge de l'arène politique traditionnelle et n’exerce aucune influence sur la marche du pays. Ahmed Ouledi et Hachime Aberemane de Ulanga s’égosillent à longueur de journée pour la protection de l’environnement. Les politiques ne leur accordent qu’un sourire poli. Le chef du syndicat des travailleurs, Ibouroi Ali Toibibou revendique depuis une trentaine d’années la régularité salariale et n’a en retour que des engagements jamais tenus.

 

Le pays ne dispose d’aucune structure de contrôle, d’audit interne, de sanction de la gestion financière et politique. Le parlement n’adopte en fin d’exercice budgétaire, aucune loi de règlement, l’Etat ne s’est jamais armé de véritables contre-pouvoirs pour stopper les abus et les dérives, d’où qu’ils viennent. La Maffia locale, avec ses nombreuses ramifications compte encore sur une presse qui ne produit pas d’information, ne prévient ni ne dénonce les crimes, mais qui continue à subir avec une incompétence révoltante et une complicité manifeste, la communication de tous les groupes, aussi bien politiques que commerciaux.

 

Un seul consensus semble être partagé par la nouvelle classe politique : laisser en l’état la société comorienne tout en accélérant les alternances au pouvoir des groupes constitués sans se soucier des alternances politiques réelles.


Et pourtant, nous ne sommes pas totalement en marge du monde. Nous subissons, par exemple, les contrecoups du conflit mondial qui engage l'Occident libéral contre le fondamentalisme islamiste. Notre pays laisse s’infiltrer les idéologies religieuses portées par l’Iran et les influences des intérêts économiques chapeautées par les Etats-Unis. Les deux pays sont fortement présents aux Comores, physiquement, et se regardent en chien de faïence, comme pour s’assurer de l’annihilation de leurs influences réciproques. L’Iran complètement isolé, cherche un allié inconditionnel, les Etats-Unis en proie à sa croisade contre le terrorisme cherchent Fazul Abdallah. Et les Comores totalement inertes, n’en tirent que dalle.

 

La communauté internationale, continue d’apporter l’aide empoissonnée, en contribuant à combler les déficits budgétaires et à maquiller les dérapages des dépenses. Le Qatar paie 6 mois d’arriérés de salaires (20 millions d’euros), aucune institution financière, aucun pays donateur, aucun homme politique, ne demande des comptes sur l’utilisation des recettes de l’Etat censé régler régulièrement les rémunérations de ses agents.

 

Comme dirait l’autre, l’idéologie est l'ensemble d'idées sur la structure de la société or nous n’avons aucune vision sur la notre. Les forces qui agissent dans la société, porteuses d’idées, sont tellement diluées, qu’elles continueront à exercer longtemps des influences contraires.

 

Si l’idéologie d’un parti, analyse les sources de conflits qui y sont présentes dans la société et propose les modalités qui permettront de les aplanir, chez nous les groupes qui s’affabulent de nom de partis politiques sont la source de nos grands périls et les principales menaces qui nous guettent. Les coalitions accouchées pour l’élection prochaine en sont la preuve évidente !

 

 

Fensso

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Publié dans Tribune Libre

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