Mayotte: Le coup d'éclat et l'humiliation
Le 26 septembre, le président Sambi, prenant tout le monde au dépourvu, a prononcé l'un de ses meilleurs discours à la tribune des Nations unies. Sans fioritures, il a accusé la France de faire fi du droit international et appelé l'Onu à être conséquente avec ses résolutions. A Moroni, ce discours de vérité a eu un écho et un retentissement sans précédent. Au bas des sondages pour ses multiples promesses non tenues, le chef de l'Etat avait vu sa popularité progresser; notamment chez ses opposants.
Seulement, voilà que sur le chemin de retour, le ministre des Affaires étrangères, Fahmi Said Ibrahim, en acceptant de signer de nouveaux accords de défense avec la France, a gaspillé ce capital de sympathie. On a vite compris que le discours de New York n'était qu'un simple feu de paille, juste de quoi endormir la vigilance des Comoriens pendant que se tramait un projet d'une humiliation inouie.
Le gouvernement doit être logique avec lui-même. On ne peut pas accuser Paris d'attenter à l'intégrité territoriale des Comores tout en lui confiant le rôle de gendarme dans notre pays, celui qui est chargé d'assurer la défense de l'archipel. Les chefs d'Etat présents aux Etats-Unis doivent sûrement se demander à quoi servait cette tirade contre la France quand, le lendemain, on allait lui manger dans la main.
Dans un excellent éditorial paru dans l'édition de ce mercredi d'Al-watwan, le journaliste Ahmed Ali Amir na va pas par quatre chemins pour regretter cette diplomatie qui projette au monde l'image d'un pays aux convictions fragiles. " Ban Ki-moon aura raison de rire sous cape de ce revirement 24 heures après" écrit-il.