Rendons à Cesar ce qui lui appartient
Les quatre ans de mandat du président Sambi se sont achevés sans beaucoup de traces positives. Combien d'accords bilatéraux et multilatéraux ont été signés ou ratifiés ? Le président Sambi n'a pas un bilan diplomatique brillant, lui permettant de s'enorgueillir. Pourtant, il est le seul président à avoir fait beaucoup de tapages. A l'homme paradoxal, bilan paradoxal.A la veille de son départ, le ministre comorien des Relations extérieures et de la coopération, Fahmi Said Ibrahim et le ministre français de la Défense, Hervé Morin ont signé le lundi 27 septembre 2010 un accord de défense « rénové », après 11 ans d'interruption de coopération militaire.
Par un passé récent, M. Mohamed Bacar Dossar, directeur de Cabinet du chef de l'Etat, chargé de la Défense, en compagnie de l'ambassadeur de France aux Comores, Christian Job, et de l'ambassadeur de l'Union africaine, Fransisco Madeira s'est rendu à Mayotte pour signer avec le préfet de cette île, les Accords de Refoulement, autorisant la France à chasser de Mayotte les Comoriens originaires des trois îles. Ce sont des accords à dénoncer car, contraire au droit international et à l'histoire de l'archipel. C'était une humiliation surtout quand le ministre des Affaires Etrangères de l'époque, M. Ahamed Ben Said Jaffar déclarait, je cite '' cet accord va de notre intérêt d'accepter de recevoir les comoriens chassés de Mayotte'.
Aujourd'hui, l'accord rénové instituant un partenariat de défense entre l'Union des Comores et la France, signé entre les deux pays, fait couler beaucoup d'encre. Mais pourquoi ? Les deux pays sont liés déjà par un accord-cadre d'amitié et de coopérations qui a bien été profitable à notre pays. Les accords sectoriels entre les deux pays suspendus au lendemain de l'interposition de l'AND, en avril 1999 ont repris au lendemain des élections présidentielles de 2002 à l'exception du volet militaire dont la France voulait une réorientation en profondeur. La révision de l'accord de défense du 10 novembre 1978 signé par le ministre des Affaires Etrangères de l'époque, M. Ali Mroudjaé avec son homologue français, marque ainsi le retour de la coopération militaire entre Paris et Moroni. Comme les autres accords rénovés, le texte, dit-on, s'inscrit dans un souci de transparence et de réciprocité et met l'accent sur l'aspect de la sécurité maritime.
Aux Comores , en lisant l'éditorial d'Alwatwan de ce mercredi et sur les blogs qui s'intéressent de la politique comorienne, tout le monde s'étonne de l'annonce de cet accord militaire au lendemain d'un discours pamphlet et critique du président comorien devant l'Assemblée générale de l'ONU contre la présence française à l'île comorienne de Mayotte et, s'acharne conte le ministre Fahmi. Pourtant ce sont des accords normaux qui obéissent à une volonté qui ne date pas, d'aujourd'hui.
L'intervention du ministre Fahmi Said Ibrahim, ce qui l'honore d'ailleurs, ne fait que recadrer les choses et mettre fin à l'opacité qui a entouré ces dernières années le secteur de la défense avec l'arrivée des militaires et des instructeurs « libyens » et « iraniens ».
La première leçon à tirer de cette initiative du gouvernement comorien est que les divergences entre Paris et Moroni ne peuvent pas occulter certaines réalités et mettre en péril un domaine qui ne souffre de rien.
D'ores et déjà, en plus de la coopération militaire, la coopération dans le domaine des finances et de la monnaie avec la France se porte bien. La coopération dans le domaine de la santé et de la recherche universitaire aussi. Bref le co-développement. Il est temps de dépassionner le débat et de traiter le contentieux désagréable entre les deux pays avec plus de pragmatisme et de sagesse.
Dans son discours prononcé, le 28 février 2008 au Cap, en Afrique du Sud, le président Nicolas Sarkozy avait annoncé sa volonté de refonder les relations de défense entre la France et ses anciennes colonies car la France n'entend pas être le gendarme de l'Afrique. Cette refondation passe notamment par l'annulation d'anciens accords et de leurs clauses secrètes, qui garantissaient l'intervention de la France au cas où le pouvoir en place se trouverait menacé.
Après les accords « rénovés » signés en mars et en mai 2009, d'abord avec le Togo, puis avec le Cameroun, il fallait procéder à la réactualisation de six accords de défense avec le Gabon, la Centrafrique, la Côte d'Ivoire, le Sénégal, les Comores et Djibouti. Le président français avait promis, lors de la conférence des ambassadeurs qui s'est tenue à Paris, le mercredi 26 août 2009, que la renégociation des accords de défense liant la France aux pays africains serait achevée en décembre 2009. Une petite année de retard qui offrait la possibilité aux détracteurs de Me Fahmi d'agir avant même qu'il ne soit ministre des Affaires Etrangères de notre pays. Pourquoi ont-ils attendu jusqu'à ce jour? Mieux vaut prévenir que guérir, n'est-ce pas ?
Pour l'heure, à un moment où l'Afrique parle de la mise en place d'un gouvernement unique et d'une armée panafricaine, il fallait que les Comores, elles aussi, disent non à l'hégémonie occidentale en Afrique. Et pourquoi la sécurité maritime ?
Les Comores -un Etat-archipel- ne peuvent pas espérer mieux. Le pays est confronté aux problèmes du pillage dans ses eaux, au niveau des ZEE, de la piraterie qui frappe les zones allant de la mer rouge à l'entrée du canal de Mozambique mais aussi de la sécurité civile. Les cas du dernier tsunami qui a frappé tout l'océan Indien, du récent crash de l'avion de la compagnie Yemenia et des naufrages quotidiens entre Anjouan et Mayotte en sont des parfaites illustrations qui imposent ce genre de coopération.
Aussi, la coopération entre les deux pays a été revue et réorientée en 2005 pour tenir compte du nouveau paysage institutionnel du pays. Me Fahmi a agi en ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, selon ses prérogatives et ses compétences et les pouvoirs qui lui sont conférées.
S'agissant de Mayotte, le ministre Fahami qui est à la fois juriste et politique sait bien que cette île est comorienne et le restera à jamais. D'ailleurs, on comprend bien ses positions qui se démarquent de son prédécesseur à travers ses interventions sur les ondes de RFI.
Cette forme de coopération n'occulte en rien les réalités sécuritaire, géographique et économique de la région. La coopération souhaitée entre les autorités locales d'Anjouan et de la Grande Comore ou de Mohéli ne doit en aucun cas exclure l'axe Mayotte. Le débat doit être dépassionné pour encourager, les gouvernements comorien et français à s'accorder maintenant sur un développement économique régional partagé et sur les conditions de circulation entre les quatre îles de l'archipel des Comores, comme l'avait souhaité le président du groupe d'amitié France – Union des Comores de l'Assemblée nationale française. C'est l'esprit des accords signés à Paris entre Moroni et Paris lors des travaux de la V ème Commission –mixte, tenue en 2005.
La première leçon à tirer de cette initiative du gouvernement comorien est que les divergences entre Paris et Moroni ne peuvent pas occulter certaines réalités et mettre en péril un domaine qui ne souffre de rien.
D'ores et déjà, en plus de la coopération militaire, la coopération dans le domaine des finances et de la monnaie avec la France se porte bien. La coopération dans le domaine de la santé et de la recherche universitaire aussi. Bref le co-développement. Il est temps de dépassionner le débat et de traiter le contentieux désagréable entre les deux pays avec plus de pragmatisme et de sagesse.
Dans son discours prononcé, le 28 février 2008 au Cap, en Afrique du Sud, le président Nicolas Sarkozy avait annoncé sa volonté de refonder les relations de défense entre la France et ses anciennes colonies car la France n'entend pas être le gendarme de l'Afrique. Cette refondation passe notamment par l'annulation d'anciens accords et de leurs clauses secrètes, qui garantissaient l'intervention de la France au cas où le pouvoir en place se trouverait menacé.
Après les accords « rénovés » signés en mars et en mai 2009, d'abord avec le Togo, puis avec le Cameroun, il fallait procéder à la réactualisation de six accords de défense avec le Gabon, la Centrafrique, la Côte d'Ivoire, le Sénégal, les Comores et Djibouti. Le président français avait promis, lors de la conférence des ambassadeurs qui s'est tenue à Paris, le mercredi 26 août 2009, que la renégociation des accords de défense liant la France aux pays africains serait achevée en décembre 2009. Une petite année de retard qui offrait la possibilité aux détracteurs de Me Fahmi d'agir avant même qu'il ne soit ministre des Affaires Etrangères de notre pays. Pourquoi ont-ils attendu jusqu'à ce jour? Mieux vaut prévenir que guérir, n'est-ce pas ?
Pour l'heure, à un moment où l'Afrique parle de la mise en place d'un gouvernement unique et d'une armée panafricaine, il fallait que les Comores, elles aussi, disent non à l'hégémonie occidentale en Afrique. Et pourquoi la sécurité maritime ?
Les Comores -un Etat-archipel- ne peuvent pas espérer mieux. Le pays est confronté aux problèmes du pillage dans ses eaux, au niveau des ZEE, de la piraterie qui frappe les zones allant de la mer rouge à l'entrée du canal de Mozambique mais aussi de la sécurité civile. Les cas du dernier tsunami qui a frappé tout l'océan Indien, du récent crash de l'avion de la compagnie Yemenia et des naufrages quotidiens entre Anjouan et Mayotte en sont des parfaites illustrations qui imposent ce genre de coopération.Aussi, la coopération entre les deux pays a été revue et réorientée en 2005 pour tenir compte du nouveau paysage institutionnel du pays. Me Fahmi a agi en ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, selon ses prérogatives et ses compétences et les pouvoirs qui lui sont conférées.
S'agissant de Mayotte, le ministre Fahami qui est à la fois juriste et politique sait bien que cette île est comorienne et le restera à jamais. D'ailleurs, on comprend bien ses positions qui se démarquent de son prédécesseur à travers ses interventions sur les ondes de RFI.
Cette forme de coopération n'occulte en rien les réalités sécuritaire, géographique et économique de la région. La coopération souhaitée entre les autorités locales d'Anjouan et de la Grande Comore ou de Mohéli ne doit en aucun cas exclure l'axe Mayotte. Le débat doit être dépassionné pour encourager, les gouvernements comorien et français à s'accorder maintenant sur un développement économique régional partagé et sur les conditions de circulation entre les quatre îles de l'archipel des Comores, comme l'avait souhaité le président du groupe d'amitié France – Union des Comores de l'Assemblée nationale française. C'est l'esprit des accords signés à Paris entre Moroni et Paris lors des travaux de la V ème Commission –mixte, tenue en 2005.
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