Second tour: Entre amour et désamour, mésalliance et alliance
Il est souvent dit que celui « qui vivra verra ». On risque de voir une alliance pour le moins surprenant entre « Baobab » et « orange », les deux enfants terribles du régime Sambi. Mais, ont-ils vraiment pas le choix ? s’ils veulent ramener la médaille d’or à la maison en prétendant à une victoire aux élections présidentielles du 27 décembre prochain, ces deux frères ennemis de la lignée Sambi sont contraints de composer ensemble.
La partie doit se jouer à deux. Car, jouer « perso » a révélé certaines défaillances du Baobab, celui qui réclame l’étiquette de frère ainé. Certes, le Baobab a gagné une bataille quand son champion a franchi la ligne droite du premier tour, mais il est très loin de gagner la guerre.
Celle-ci risque d’être rude et de faire des victimes dans le camp du pouvoir. Car, les pronostics ne sont pas très reluisants, surtout à Ngazidja où le Baobab a déjà essuyé un échec cuisant dans la première manche. Dans ce contexte, le Baobab, a un intérêt urgent à s’allier avec l’Orange, ce frère qu’il a tant honni, méprisé et accusé de tous les maux. Car, celui-ci , en dépit de ce que son frère lui reproche, a rempli son contrat avec honneur à Ngazidja, l’île qui compte le plus d’électeurs, où. Le candidat de l’Orange arrive en tête, très loin devant le candidat du Baobab qui s’avère être un des poids lourd du gouvernement. Sans parler du fait que l’Orange réunit une majorité respectable à l’Assemblée de l’Union, avec laquelle le futur président (quel qu’il soit et quelque soit son parti) sera contraint de composer, sinon de dissoudre cette Assemblée.
Au vu de ces éléments, une alliance entre Baobab et Orange s’impose. Car, un soutien du Baobab à Abdouloihabi à Ngazidja est difficilement concevable, comme un ralliement de l’Orange à la candidature de Fazul, au niveau national, est pratiquement inenvisageable. Quoi que tout est possible dans le microcosme politique comorien…
Le temps de l’entente cordiale des frères ennemis est arrivé. Il est naturel que le Baobab apporte son soutien à Mouigni Baraka, et que l’Orange appelle à voter Ikililou. Sauf si pour se venger du Baobab, l’Orange décide de s’allier à la candidature de Tarmidhi et en faire sienne.
Quoi qu’il en soit, une alliance Baobab/Orange verra de têtes tomber, car ceux qui ont pestiféré contre l’Orange et qui l’ont traité d’une « fratrie de malfrats et de bandits de grands chemins », doivent s’éclipser le temps de la campagne. sinon les comoriens risquent de ne pas bien comprendre si ceux-là mêmes qui ont traité leurs amis de diable s’ingénient à les qualifier d’anges aujourd’hui.
Abdou elwahab Msa Bacar
Juriste et enseignant