Second tour: Entre amour et désamour, mésalliance et alliance

Publié le par Bangwenet

2904712395_1.jpgIl est souvent dit que celui « qui vivra verra ». On risque de voir une alliance pour le moins surprenant entre « Baobab » et « orange », les deux enfants terribles du régime Sambi. Mais, ont-ils vraiment pas le choix ? s’ils veulent ramener la médaille d’or à la maison en prétendant à une victoire aux élections présidentielles du 27 décembre prochain, ces deux frères ennemis de la lignée Sambi sont contraints de composer ensemble.

 

La partie doit se jouer à deux. Car, jouer « perso » a révélé certaines défaillances du Baobab, celui qui réclame l’étiquette de frère ainé. Certes, le Baobab a gagné une bataille quand son champion a franchi la ligne droite du premier tour, mais il est très loin de gagner la guerre.

Celle-ci risque d’être rude et de faire des victimes dans le camp du pouvoir. Car, les pronostics ne sont pas très reluisants, surtout à Ngazidja où le Baobab a déjà essuyé un échec cuisant dans la première manche. Dans ce contexte, le Baobab, a un intérêt urgent à s’allier avec l’Orange, ce frère qu’il a tant honni, méprisé et accusé de tous les maux. Car, celui-ci , en dépit de ce que son frère lui reproche, a rempli son contrat avec honneur à Ngazidja, l’île qui compte le plus d’électeurs, où. Le candidat de l’Orange arrive en tête, très loin devant le candidat du Baobab qui s’avère être un des poids lourd du gouvernement. Sans parler du fait que l’Orange réunit une majorité respectable à l’Assemblée de l’Union, avec laquelle le futur président (quel qu’il soit et quelque soit son parti) sera contraint de composer, sinon de dissoudre cette Assemblée.

Au vu de ces éléments, une alliance entre Baobab et Orange s’impose. Car, un soutien du Baobab à Abdouloihabi à Ngazidja est difficilement concevable, comme un ralliement de l’Orange à la candidature de Fazul, au niveau national, est pratiquement inenvisageable. Quoi que tout est possible dans le microcosme politique comorien…


Le temps de l’entente cordiale des frères ennemis est arrivé. Il est naturel que le Baobab apporte son soutien à Mouigni Baraka, et que l’Orange appelle à voter Ikililou. Sauf si pour se venger du Baobab, l’Orange décide de s’allier à la candidature de Tarmidhi et en faire sienne.

Quoi qu’il en soit, une alliance Baobab/Orange verra de têtes tomber, car ceux qui ont pestiféré contre l’Orange et qui l’ont traité d’une « fratrie de malfrats et de bandits de grands chemins », doivent s’éclipser le temps de la campagne. sinon les comoriens risquent de ne pas bien comprendre si ceux-là mêmes qui ont traité leurs amis de diable s’ingénient à les qualifier d’anges aujourd’hui.

 

 

Abdou elwahab Msa Bacar
Juriste et enseignant

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Publié dans Tribune Libre

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A
<br /> Les alliances de la honte<br /> La politique n'est certainement pas une science exacte. Et encore moins la démocratie. Derrière la politique se réfugient souvent des hommes et des femmes malicieux et sans scrupule pour se hisser<br /> aux rangs de démocrates et de républicains. Les récentes élections aux Comores sont riches de leçons et de sagesse. A Mohéli, 21000 électeurs inscrits étaient appelés à décider l'avenir et la<br /> destinée des 600 000 Comoriens. Mais la culture démocratique n'ayant pas encore été inculquée dans la tête des Comoriens, le 1/3 des électeurs mohéliens ont désisté et boudé les urnes. Peu importe.<br /> La politique, c'est quoi et que veut le peuple? Le peuple s'intéresse à la politique quand celle-ci s'intéresse à lui.<br /> <br /> Aussi, il est évident que politique ne rime pas souvent avec les diplômes et les fonctions. A en croire les électeurs mohéliens, Mohéli connaît bien ses enfants, ses dirigeants, ses problèmes<br /> quotidiens, ses difficultés d'intégration et son destin. En politique, il faut donner ce qu'on n'a pas, et promettre ce qu'on ne peut pas donner.<br /> <br /> D'aucuns disaient que Mohamed Said Fazul est le moins diplômé par rapport à tous les candidats aux primaires du 7 novembre dernier. Mohamed Said Fazul est le moins expérimenté et, en conséquence,<br /> n'a pas la carrure d'un président de la République. Tel était le message de ses adversaires pendant la campagne. Ils se sont trompés d'analyses et de cibles. N'est-il pas celui qui a remis sur les<br /> rails MM. Mohamed Hassanay,Dhoifirou Bounou, Bianrifi Tarmidhi, Chabhane Saroumaya,Milissane Hamdia quand ils ont été évincés et largués du clan du régime de Hazali Assoumani par Hamada Madi Boléro<br /> qui était le vrai cerveau de ce régime ?<br /> <br /> Seul Mohamed Said Fazul parmi tous les candidats n'est pas de la diaspora. Autrement dit, les autres qui ont travaillé, investi et résidé à Moroni n'ont jamais été des commis localiers et ne<br /> viennent à Mohéli qu'occasionnellement. Fazul n'est-il est le seul enfant du terroir parmi les prétendants le fauteuil de Beit-Salaam? Personne à part lui n'a jamais encore fait une vraie et réelle<br /> entrée politique. Les urnes l'ont bel et bien prouvé.<br /> Aujourd'hui, derrière les faux politiciens et les personnalités fictives qui font la joie de leurs partisans, grâce à des slogans, se cache une hypocrisie totale. Les hommes politiques tiennent le<br /> haut de l'affiche ! Pour autant, leur côte de popularité n'a jamais atteint des sommets, et ils constituent une cible de choix. Faut-il craindre une invasion de ces personnages fictifs dans le<br /> parlement comorien de demain et dans les hautes instances de la République ?<br /> Le colonel Said Abeid a annoncé médiatiquement sa candidature comme Mohamed Djaanffari l'a fait mais les formalités qui sont nécessaires pour fonder un parti et s'inscrire aux élections, restent<br /> importantes. C'est là le problème des personnalités politiques comoriennes. Le parti n'a aucune valeur démocratique réelle. C'est la raison pour laquelle, Anjouan a si vite oublié Mohamed Bacar,<br /> l'enfant de Barakani. C'est aussi le cas des enfants du feu président Ahmed Abdallah Abdérémane, contrairement à Said Ali Kemal ou Moustoifa Said Cheikh qui continuent à croire qu'ils représentent<br /> encore des partis politiques.<br /> <br /> A Mohéli, nous les avons tous écoutés et compris en qualité de fans, de militants, d'anciens condisciples, d'amis ou de simples curieux. Nous avons découvert en eux des tacticiens, des<br /> opportunistes, des alliés, des traîtres, des patriotes, des engagés. Toutes les couleurs y étaient. Qui pouvait prendre Chabhane Saroumaya au sérieux ou croire à Larif Oukacha? Et encore moins<br /> Boléro ! Ces trois champions n'ont maintenant plus que quelques petits pas à franchir pour être sélectionnés, en vue de faire partie des seconds couteaux au service de M. Ikililou Dhoinine, ce<br /> guignol au chapeau basque, dans son éventuelle galaxie de 2010. Pourquoi ce mariage de circonstance ?<br /> <br /> Pourtant le candidat de Sambi et du FNJ à la présidence de la République a vraiment de la veine. Il s'est replié quand Sambi volait confisquer la tournante de Mohéli, détruisait le pays, le livrait<br /> aux mafias libano syriennes et aux mercenaires libyens. Mais revoilà Ikililou placé aujourd'hui, sur le même piédestal par ses vrais rivaux. Pour quel objectif?<br /> <br /> Les Comoriens l'ont appris, depuis longtemps et sur une note d'humour, de par Chabouhane, le politique humoriste que“Le fauteuil présidentiel n'est pas un banc”. C'est-à-dire que, là-dessus, il n'y<br /> a de place que pour une seule personne, et non pour deux ! Et cette personne, c'est le président de la République, chef de l'Etat, “détenteur exclusif du pouvoir exécutif”, “chef de<br /> l'administration” et“chef suprême des armées”.<br /> <br /> Ainsi, les leaders sans troupeau se cherchent, se positionnent et essaient de se trouver une petite place. Cette fois-ci, Chabhane ne laissera pas tomber Boléro. Oukacha se souviendra de ses liens<br /> familiaux avec Ikililou. Leur petit cercle de va-t-en guerre qui leur reste fidèles ne les ont pas encore compris et se sont laissés subjuguer par leurs déclarations.<br /> <br /> Ainsi, Ikililou est disposé à gouverner en qualité de président sous l'autorité de Sambi et de Boléro. C'est à croire que, s'il est élu, il peut et va gouverner les Comores sous la direction du<br /> président Sambi; c'est à croire que, s'il est élu, Ikililou peut et va se contenter d'être un demi-président, Sambi devenant du coup l'autre moitié présidente autour de Oukacha et Chabhani.<br /> <br /> Sambi, nous l'avons connu pendant ces quatre dernières années. Mais qui est en réalité Boléro ? Boléro? Un vrai opportuniste politique, vaniteux ? Un personnage des services étrangers? Un romancier<br /> engagé de ...... ? Ou peut-être même les trois? Il est difficile de le cerner et de différencier la réalité d'une illusion parfaite. Boléro, le personnage au look ringard et repoussant, lui-même,<br /> doute de tout ; de la politique, de la famille, de la religion, même de son existence réelle. Il se voit parfois un homme virtuel. Il tend certes un miroir à la société comorienne qui s'intéresse<br /> toujours plus à ses politiques qu'à ses vrais « people », ce qui veut dire que la politique des Comores aura sans doute un lendemain. Après trois échecs électoraux, Boléro sera t-il un jour au<br /> Rendez Vous ? A t-il le droit de ne savoir tirer aucune leçon du passé récent ? Un passé si récent ?<br /> <br /> Si Fazul pouvait accorder un traitement spécial à ce trio, ils se précipiteraient à s'installer aux QG de ce dernier. Mais, il est difficile de l'envisager. Oukacha qui a trahi le FPC pour se<br /> ranger du côté du RDR et renoncer au perchoir serait capable de tout. Boléro qui a trahi le PRC pour se ranger du côté des militaires trouvera le moyen de jeter sa carte de la CRC. Leur maître<br /> spirituel, Chabhane aura lui aussi compris que la couleur et l'odeur de la sauce valent mieux que le récipient qui contient la sauce. André Malraux avait raison quand il disait qu'on ne fait pas de<br /> politique avec de la morale, mais on n'en fait pas davantage sans. Entre temps et entre alliances et trahisons, Fazul a déjà pris le large.<br /> <br /> Abacar Abdou<br /> Mbatse<br /> <br /> <br />
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