Shuma : Echec et mât

Publié le par Inoussablog

1243207637.jpgLe leader du parti Chuma et président de la Convergence nationale pour mai 2010, une structure qui fédère les partis de l’opposition, vient de faire allégeance au candidat de la mouvance présidentielle, Ikililou Dhoinine. « Nous avons décidé de soutenir Ikililou aux présidentielles de l’Union » nous a confirmé un haut responsable de ce parti.

 

On ignore encore les termes de ce mariage et ses motivations réelles. Cette alliance donne déjà le ton de ce que sera la campagne du second tour et désespère ces milliers de jeunes comoriens qui croyaient en la politique pour « changer le monde ». La ruée vers Iklilou, donné grand favori du scrutin du 26 décembre, témoigne de l’absence de conviction de nos leaders politiques.

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Publié dans Politique

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A
<br /> Les alliances de la honte<br /> La politique n'est certainement pas une science exacte. Et encore moins la démocratie. Derrière la politique se réfugient souvent des hommes et des femmes malicieux et sans scrupule pour se hisser<br /> aux rangs de démocrates et de républicains. Les récentes élections aux Comores sont riches de leçons et de sagesse. A Mohéli, 21000 électeurs inscrits étaient appelés à décider l'avenir et la<br /> destinée des 600 000 Comoriens. Mais la culture démocratique n'ayant pas encore été inculquée dans la tête des Comoriens, le 1/3 des électeurs mohéliens ont désisté et boudé les urnes. Peu importe.<br /> La politique, c'est quoi et que veut le peuple? Le peuple s'intéresse à la politique quand celle-ci s'intéresse à lui.<br /> <br /> Aussi, il est évident que politique ne rime pas souvent avec les diplômes et les fonctions. A en croire les électeurs mohéliens, Mohéli connaît bien ses enfants, ses dirigeants, ses problèmes<br /> quotidiens, ses difficultés d'intégration et son destin. En politique, il faut donner ce qu'on n'a pas, et promettre ce qu'on ne peut pas donner.<br /> <br /> D'aucuns disaient que Mohamed Said Fazul est le moins diplômé par rapport à tous les candidats aux primaires du 7 novembre dernier. Mohamed Said Fazul est le moins expérimenté et, en conséquence,<br /> n'a pas la carrure d'un président de la République. Tel était le message de ses adversaires pendant la campagne. Ils se sont trompés d'analyses et de cibles. N'est-il pas celui qui a remis sur les<br /> rails MM. Mohamed Hassanay,Dhoifirou Bounou, Bianrifi Tarmidhi, Chabhane Saroumaya,Milissane Hamdia quand ils ont été évincés et largués du clan du régime de Hazali Assoumani par Hamada Madi Boléro<br /> qui était le vrai cerveau de ce régime ?<br /> <br /> Seul Mohamed Said Fazul parmi tous les candidats n'est pas de la diaspora. Autrement dit, les autres qui ont travaillé, investi et résidé à Moroni n'ont jamais été des commis localiers et ne<br /> viennent à Mohéli qu'occasionnellement. Fazul n'est-il est le seul enfant du terroir parmi les prétendants le fauteuil de Beit-Salaam? Personne à part lui n'a jamais encore fait une vraie et réelle<br /> entrée politique. Les urnes l'ont bel et bien prouvé.<br /> Aujourd'hui, derrière les faux politiciens et les personnalités fictives qui font la joie de leurs partisans, grâce à des slogans, se cache une hypocrisie totale. Les hommes politiques tiennent le<br /> haut de l'affiche ! Pour autant, leur côte de popularité n'a jamais atteint des sommets, et ils constituent une cible de choix. Faut-il craindre une invasion de ces personnages fictifs dans le<br /> parlement comorien de demain et dans les hautes instances de la République ?<br /> Le colonel Said Abeid a annoncé médiatiquement sa candidature comme Mohamed Djaanffari l'a fait mais les formalités qui sont nécessaires pour fonder un parti et s'inscrire aux élections, restent<br /> importantes. C'est là le problème des personnalités politiques comoriennes. Le parti n'a aucune valeur démocratique réelle. C'est la raison pour laquelle, Anjouan a si vite oublié Mohamed Bacar,<br /> l'enfant de Barakani. C'est aussi le cas des enfants du feu président Ahmed Abdallah Abdérémane, contrairement à Said Ali Kemal ou Moustoifa Said Cheikh qui continuent à croire qu'ils représentent<br /> encore des partis politiques.<br /> <br /> A Mohéli, nous les avons tous écoutés et compris en qualité de fans, de militants, d'anciens condisciples, d'amis ou de simples curieux. Nous avons découvert en eux des tacticiens, des<br /> opportunistes, des alliés, des traîtres, des patriotes, des engagés. Toutes les couleurs y étaient. Qui pouvait prendre Chabhane Saroumaya au sérieux ou croire à Larif Oukacha? Et encore moins<br /> Boléro ! Ces trois champions n'ont maintenant plus que quelques petits pas à franchir pour être sélectionnés, en vue de faire partie des seconds couteaux au service de M. Ikililou Dhoinine, ce<br /> guignol au chapeau basque, dans son éventuelle galaxie de 2010. Pourquoi ce mariage de circonstance ?<br /> <br /> Pourtant le candidat de Sambi et du FNJ à la présidence de la République a vraiment de la veine. Il s'est replié quand Sambi volait confisquer la tournante de Mohéli, détruisait le pays, le livrait<br /> aux mafias libano syriennes et aux mercenaires libyens. Mais revoilà Ikililou placé aujourd'hui, sur le même piédestal par ses vrais rivaux. Pour quel objectif?<br /> <br /> Les Comoriens l'ont appris, depuis longtemps et sur une note d'humour, de par Chabouhane, le politique humoriste que“Le fauteuil présidentiel n'est pas un banc”. C'est-à-dire que, là-dessus, il n'y<br /> a de place que pour une seule personne, et non pour deux ! Et cette personne, c'est le président de la République, chef de l'Etat, “détenteur exclusif du pouvoir exécutif”, “chef de<br /> l'administration” et“chef suprême des armées”.<br /> <br /> Ainsi, les leaders sans troupeau se cherchent, se positionnent et essaient de se trouver une petite place. Cette fois-ci, Chabhane ne laissera pas tomber Boléro. Oukacha se souviendra de ses liens<br /> familiaux avec Ikililou. Leur petit cercle de va-t-en guerre qui leur reste fidèles ne les ont pas encore compris et se sont laissés subjuguer par leurs déclarations.<br /> <br /> Ainsi, Ikililou est disposé à gouverner en qualité de président sous l'autorité de Sambi et de Boléro. C'est à croire que, s'il est élu, il peut et va gouverner les Comores sous la direction du<br /> président Sambi; c'est à croire que, s'il est élu, Ikililou peut et va se contenter d'être un demi-président, Sambi devenant du coup l'autre moitié présidente autour de Oukacha et Chabhani.<br /> <br /> Sambi, nous l'avons connu pendant ces quatre dernières années. Mais qui est en réalité Boléro ? Boléro? Un vrai opportuniste politique, vaniteux ? Un personnage des services étrangers? Un romancier<br /> engagé de ...... ? Ou peut-être même les trois? Il est difficile de le cerner et de différencier la réalité d'une illusion parfaite. Boléro, le personnage au look ringard et repoussant, lui-même,<br /> doute de tout ; de la politique, de la famille, de la religion, même de son existence réelle. Il se voit parfois un homme virtuel. Il tend certes un miroir à la société comorienne qui s'intéresse<br /> toujours plus à ses politiques qu'à ses vrais « people », ce qui veut dire que la politique des Comores aura sans doute un lendemain. Après trois échecs électoraux, Boléro sera t-il un jour au<br /> Rendez Vous ? A t-il le droit de ne savoir tirer aucune leçon du passé récent ? Un passé si récent ?<br /> <br /> Si Fazul pouvait accorder un traitement spécial à ce trio, ils se précipiteraient à s'installer aux QG de ce dernier. Mais, il est difficile de l'envisager. Oukacha qui a trahi le FPC pour se<br /> ranger du côté du RDR et renoncer au perchoir serait capable de tout. Boléro qui a trahi le PRC pour se ranger du côté des militaires trouvera le moyen de jeter sa carte de la CRC. Leur maître<br /> spirituel, Chabhane aura lui aussi compris que la couleur et l'odeur de la sauce valent mieux que le récipient qui contient la sauce. André Malraux avait raison quand il disait qu'on ne fait pas de<br /> politique avec de la morale, mais on n'en fait pas davantage sans. Entre temps et entre alliances et trahisons, Fazul a déjà pris le large.<br /> <br /> Abacar Abdou<br /> Mbatse<br /> <br /> <br />
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