Toybou sort ses griffes contre la mouvance presidentielle

Publié le par Bangwenet

Un secret de polichinelle. Moussa Toybou, le gouverneur sortant de l’île d’Anjouan et candidat à sa propre succession ne supporte pas le fait qu’il y ait des personnalités issus de son propre camp politique, la Mouvance présidentielle, qui veuillent se lancer dans la bataille électorale en même temps que lui. Le fait est inadmissible à ses yeux. C’est une évidence. Et il l’a fait savoir, mercredi après midi, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Le Moroni.

Ce chef de l’exécutif de l’île d’Anjouan qui a dû écourter de trois ans son mandat suite aux réformes constitutionnelles du mois de mai 2009 et l’accord politique du 16 juin dernier, n’ose pas imaginer que « les collaborateurs du président Sambi qui s’étaient pourtant mis d’accord de soutenir sa candidature » décident, aujourd’hui, de lui tourner le dos et pire encore de vouloir lui mettre des bâtons dans les roues. Même si, a-t-il concédé, « nous sommes en démocratie et chacun est libre de se présenter aux élections ». comores-blog-anjouan-le-comit-de-lutte-contre-la-corruptio_.jpg

« J’espère qu’ils ne sont pas sérieux. Sinon, ils se seraient comporté en parjures », a-t-il déclaré en parlant des trois autres candidats issus de la Mouvance présidentielle qui se sont enregistrés au niveau de la Commission électorale insulaire d’Anjouan. « Ceux-là veulent amener le président Sambi à commettre une très grave erreur en allant jusqu’à trahir sa parole », poursuit Moussa Toybou devant les journalistes.

Et le locataire de Daru Nadjah d’enfoncer : « Le président Sambi nous a toujours parlé de certains de ses collaborateurs qui le « trahissent » mais il n’a jamais dévoilé de noms, mais voila qu’ils commencent à se dévoiler eux mêmes ». Le chef de l’exécutif d’Anjouan a également évoqué la question relative à l’indemnisation qui leur aurait été promis par le médiateur à la crise Francisco Madeira. « Il n’y a pas d’engagement formel, cela a été dit comme ça. Mais jusqu’à maintenant nous n’avons touché aucun rond », a-t-il confié s’estimant presque « trahi ».

Moussa Toybou qui participe à Moroni aux deuxièmes assises sur la décentralisation a fait un état des lieux de l’avancement de ce processus à Anjouan. « Nous disposons de notre loi communale qui est votée par le Conseil de l’île. Nous l’avons envoyée à la cour constitutionnelle pour validation mais le texte nous a été renvoyé. On nous a fait savoir qu’il doit être adopté par tous les élus de l’île. Nous attendons… », a-t-il expliqué ajoutant que « les communes de l’îles qui étaient au nombre de 32 sont aujourd’hui ramenées à 12 seulement ».

Le locataire de Daru Nadjah s’est exprimé aussi sur l’affaire Combo dont il suit « l’évolution ». « Il faut que l’Etat fasse des efforts pour atténuer la douleur des proches du lieutenant-colonel Combo. Que ceux qui s’occupaient du versement de son salaire sachent qu’il était un père de famille », a plaidé Moussa Toybou. Au sujet des ex-FGA, le gouverneur d’Anjouan a évoqué les « conditions difficiles » dans lesquelles vivent ces militaires de l’ancien chef rebelle Mohamed Bacar demandant qu’on trouve très vite une solution à ce problème.

Moussa Toybou a démontré une certaine impatience par rapport à l’exécution du projet démobilisation désarmement réinsertion (DDR) mis en place dans le cadre du fonds consolidation de la paix pour, entre autres, apporter, justement, une aide à ces ex-militaires. « C’est depuis 2008 que j’ai entendu parler de ce projet et jusqu’à maintenant aucun ex-FGA n’a touché un rond de ce projet », a-t-il relevé ajoutant que sur les 400 armes estimés qu’elles sont dans les mains de ces anciens hommes du colonel Bacar, c’est seulement, moins 10 qui ont pu être ramassées ».

 

Faissoili Abdou

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Publié dans Politique

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