Un rendez-vous pour un sauve qui peut
La population comorienne de toute souche confondue en date du mai 2006 a plébiscité le président Mohamed abdallah Sambi procrée par les primaires de l’Ile d’Anjouan dont échoit la présidence actuelle de l’Union des Comores.
Sambi ayant compris la faiblesse de ses concitoyens, a préconisé un discours de campagne alléchant la rêverie de tout un comorien modeste :
« Il n’y aura pas de bidonvilles »
« Que tout comorien mangera à sa faim »
« Le délestage en matière d’électrification, c’est fini »
« Tout comorien ne sera confronté d’aucun problème de soins médicaux »
Bref, une panoplie de discours garnis de toute promesse faisant allusion à une transformation radicale des Comores à un pays de cocagne.
Il fut un sophiste d’une grande notoriété vouée sur mesure pour embarquer ceux qui l’ont cru dans l’odyssée d’un mensonge propagandiste.
Force est de constater, que pendant sa campagne présidentielle, toutes les formations politiques les mieux investies dans la course vers le grand changement l’ont soutenu activement pour la simple raison qu’il incarnait l’homme saint, dépourvu de toute manœuvre politico-machiavélique.
En toute analyse politique, Sambi venu de nul part, serait l’homme de la situation si par nature sa conscience était en harmonie avec ses dires. Si l’importance de l’engagement politique alloué par ces différentes formations politiques lui avait valu la peine de cadrer un esprit de rassembleur pour l’intérêt de la nation, malgré son désir égocentrique.
La plus grande bêtise qu’il ait faite c’était de se débarrasser soudainement de cette force vive, à savoir qu’il n’avait pas au préalable, une équipe préconçue, ni un projet sociopolitique, économique et encore moins aucune étude de faisabilité sur ses projets fantasmagoriques.
Imbu de sa personne, il avait vocation à régner plutôt que diriger. C’est la raison pour laquelle sa gouvernance était couronnée d’un comportement arrogant pétrifié dans la routine. Autant de discours contradictoires parfois confus, ont fait de lui, un menteur pathologique multirécidiviste.
Certes, son équipe gouvernementale choisie sous l’influence de quelques opportunistes s’accommodait positivement en l’opulence à ses discours propagandistes, malgré que le moment venu de les transformer en réalité, Sambi s’évertuait à gangrener aux institutions et assimiler les magistrats dans une corruption à double vitesse. Son entourage ne s’inquiétant de rien, bien que l’opposition martèle en toute substance de la véracité de ses rêves chimériques, de la vie dure que menait son peuple, Sambi continuait avec l’aide de ses acolytes à berner la population. Ses ministres, vice-présidents et amis étrangers de toute confiance comme Bashar kiwan l’ont entrainé dans l’obscurantisme marketing au détriment du simple besoin vital que chaque comorien pouvait espérer.
A la grande surprise, le moment venu où le compte à rebours pour l’organisation des prochaines élections présidentielles se déclencha, le président Sambi toujours convaincu de voir ses projets se réaliser pendant son exercice, a fini par lâcher la prise dans une allocution adressée à la population le jour de l’Ide Al-fitr. Un grand mea culpa à la Sambiste. « Je plaide l’échec mais j’étais mal entouré et mal conseillé».
Un grand mea culpa qui ne fait pas l’unanimité de son équipe gouvernementale car à l’instar des choses, quelques-uns de ses ministres et vice-présidents se dédouanent de toute responsabilité comme si le bilan de quatre ans d’exercice pourrait se faire proportionnellement. Pas bêtes les comoriens pour comprendre que dans un match de foot la victoire ou l’échec incombe la responsabilité collective.
Et le tout pour marquer le coup du sauve qui peut, la mouvance présidentielle de Sambi se balkanise en orange sous le patronat de Idi Nadhoim, candidat colistier à sa propre succession contre ikililou enfant prodigue de Sambi.
A dieu la mouvance de Sambi, bienvenue la déchirure dans le pays du sauve qui peut.