« Avec mon expérience, je peux mieux gouverner que les autres… »
Ancien premier ministre et actuel député à l’assemblée nationale, Bianrifi Tarmidhi s’est lancé dans la course à la présidentielle. A 52 ans, cet enfant de Nioumachoua a lancé sa campagne. Il dit vouloir mettre à profit son expérience pour le pays. Dans cette première interview qu’il a accordée à HZK-Presse / La Gazette, cet ancien ministre de l’intérieur nous détaille son projet de gouvernement s’il est élu. Ses trois trois vice-présidents sont : Ibrahim Ali Mzimba (Ngazidja), Abdérémane Ahmed Abdallah (Ndzouani) et Abdallah Said Sarouma alias Chabhane ou Bamguiri (Mwali).
Question : Pourquoi vous êtes candidat ?
Bianrifi Tarmidhi : Je suis candidat parce que ce pays mérite un dirigeant politique qui a de l’expérience et qui est un vrai nationaliste. Je suis aussi motivé par l’idée que ce pays a besoin de sortir du gouffre pour se développer et retrouver les autres pays avec lesquels nous avons acquis l’indépendance la même période.
Question : Qu’est-ce qui vous distingue des autres prétendants à la magistrature suprême ?
Bianrifi Tarmidhi : La différence est que je connais très bien le pays car je l’ai servi à différents niveaux. Des niveaux de l’Etat qui m’ont permis de comprendre que je suis capable de gouverner le pays plus que les autres.
Question : Quel est votre projet de société ?
Bianrifi Tarmidhi : Notre projet nous conduit sur trois axes.
En premier lieu, on doit faire le tout pour que les comoriens comprennent que seule l’unité peut nous mener au développement et à la paix. Donc, on doit consolider l’unité nationale. Cela sous-entend qu’on doit intégrer l’île de Mayotte dans tous nos plans. Avec ou sans la même administration, on doit faire de telle sorte que Mayotte soit prise en compte dans nos activités notamment économiques et sociales. On doit sentir que nous sommes dans un seul pays.
Notre deuxième axe est basé sur la jeunesse. Notre jeunesse a les capacités et les diplômes requis pour participer activement au développement du pays. Malheureusement, elle ne trouve pas de débouchés. Donc, la jeunesse est une priorité et cela en créant des emplois. Des emplois qui sont en adéquation avec la formation.
Enfin, notre troisième priorité est relative à la diplomatie. Il nous faut une diplomatie active et non partisane. Une diplomatie qui sera orientée uniquement sur le développement de notre pays.
Question : Vous avez évoqué la question de Mayotte et votre vice-président a donné sa position sur ce point. Il prône le retrait de la question à l’Onu et un rapprochement direct avec la population mahoraise. C’est aussi votre point de vue ?
Sans me contredire avec mon vice-président Mzimba, retirer la question de Mayotte aux Nations Unies n’est pas la bonne solution car on ne peut pas prendre une décision unilatérale. C’est une question qui touche tout les comoriens. Donc un député, un président ou un ministre des affaires étrangères ne peut pas se permettre de retirer la question de Mayotte d’autant plus que c’est une question qui intéresse des organisations internationales. Par contre, pour ramener Mayotte dans son giron naturel, tous les chemins sont à explorer.
Question : Le président sortant avait axé sa politique extérieure sur le monde arabe. Quelle sera votre politique internationale ?
Bianrifi Tarmidhi : La chance des Comores, on se trouve dans un carrefour de culture arabo-occidentale contrairement aux autres pays de la région. Les Comores disposent d’une population qui se retrouve dans la culture arabe et occidentale, ce qui est un atout qu’on ne trouve pas ailleurs. Donc la diversification de la coopération est une bonne chose mais mettre l’accent sur les pays du monde arabe est aussi meilleur et d’ailleurs très important. Mais nos relations traditionnelles avec la France nous amènent à renforcer cet axe aussi.
Question : Qu’est ce qu’il faut poursuivre ou abandonner chez Sambi ?
Bianrifi Tarmidhi : Je ne ferai pas jugement. Mais je sais que notre pays fait partie d’un cadre mondial notamment dans la lutte contre la pauvreté. Nous sommes dans un plan global des objectifs du millénaire pour le développement. Si le régime sortant avait adhéré dans ces OMD ne serait-ce que dans un secteur aussi important que la santé, je vais poursuivre.
Question : Quand on connait le niveau de développement de Mohéli, envisagez-vous un projet spécifique pour cette île dans votre programme ?
Bianrifi Tarmidhi : C’est vrai, Mohéli est en retard. Mais réellement c’est tout le pays qui est en retard en matière d’infrastructure surtout. Tout ce qu’on avait comme infrastructure à la Grande-Comore et à Anjouan est délabré. Du coup, faire des priorités par rapport à une île, ce serait très difficile. Les préoccupations sont les mêmes d’une île à une autre car ses infrastructures n’ont pas bénéficié d’entretien. Peut-être on va commencer par une île et terminer sur une autre.
Propos recueillis par A.A. Mguéni