Larifou ; « Nous mènerons une politique active de lutte contre la corruption et l’impunité »

Publié le par Bangwenet

A 24 heures des primaires de Mohéli pour l’élection président de l’Union, les états-majors politiques font le bilan de leur campagne électorale. HZK-Presse publie aujourd’hui, une longue interview du leader du parti RIDJA, l’avocat Said Larifou, vice-président de fazul
 

1246-copie-1.jpgA 24 heures des primaires de Mohéli pour l’élection du futur président de l’Union, tous les états-majors politiques se préparent à clôturer leur campagne électorale et à faire un premier bilan de leur action. HZK-Presse publie aujourd’hui, une longue interview du leader du parti RIDJA, l’avocat Said Larifou, qui est le vice-président de Ngazidja du candidat Mohamed Said Fazul à l’élection présidentielle. C’est la 3ème fois depuis 2002 qu’il se présente à une élection. Sa dernière expérience remonte à 2007, à l’élection des présidents des îles autonomes, où il était battu au deuxième tour par l’actuel gouverneur de Ngazidja, Mohamed Abdouloihabi.


Question : Maître, vous êtes vice-président aux primaires du 7 novembre à Mohéli. Pourquoi avez-vous choisi le candidat Mohamed Saïd Fazul comme allié au lieu d’un autre ?

Me Saïd LARIFOU : Fazul a démontré ses qualités et un sens élevé des responsabilités. Il bénéficie de toute la confiance des Mohéliens car il incarne mieux que tout autre leurs préoccupations et leurs attentes. Il prendra toutes les mesures appropriées pour y répondre. A ce double titre, il est légitime. Son alliance avec l’actuel Président de Mohéli en est si besoin la preuve. Par ailleurs, il a toujours cherché à s’entourer de personnes dévouées aux intérêts du pays et m’a manifesté une confiance constante.

Question : Quelles sont les trois premières mesures que vous allez prendre aussitôt après l’élection de votre équipe à la présidence de l’Union ?

Me Saïd LARIFOU : Sous l’impulsion du Président Fazul renforcé et entouré de ses trois vice Présidents, notre première priorité est de remettre l’Etat en ordre de marche. Il n’y aura pas d’avenir pour les Comores sans un Etat respecté. La deuxième mesure, grâce à cet Etat redevenu fort sera le redressement et la relance économique par des initiatives financières et bancaires. L’axe central de cette politique économique permettra d’assurer le financement de notre agriculture et du secteur de la pêche et ainsi garantir la subsistance de nos concitoyens, en un mot assurer à tous le droit alimentaire.
La politique de santé est la troisième priorité, à cour terme il nous faudra créer dans le cadre du renforcement des régions des centres de santé locaux dotés de services d’urgence, de maternités et de soins. Parallèlement nous assurerons la création de trois hôpitaux, un par île et la transformation de l’hôpital central en un centre hospitalier et universitaire de référence. Seule une politique de bonne santé favorisera l’intégration de nos jeunes et le respect de nos aînés.

Question : Vous êtes connu pour être l’un des opposants les plus virulents au régime en place. Y a-t-il, dans le bilan de Sambi, quelque chose de positif que vous espérez poursuivre une fois élu ?

Me Saïd LARIFOU : La gravité du moment ainsi que nos engagements nécessitent une union de tous les Comoriens sans exclusive. La situation économique, je n’ai pas peur de le dire est catastrophique. Elle doit mobiliser toutes nos énergies et rien d’autre. Il sera temps plus tard d’apprécier le bilan de Monsieur Sambi.

Question : Comment réagissez-vous au dernier discours du président Sambi à l’ONU et à la signature des accords de défense entre les Comores et la France ?

Me Saïd LARIFOU : Je condamne sans ambigüité le double langage de Monsieur Sambi et de son équipe. Cette diplomatie à géométrie variable n’est pas sérieuse et n’honore pas notre pays. Le peuple comorien est digne et c’est un peuple de foi qui, je le sais, apprécie chez ses dirigeants la responsabilité et la constante, ce dont Monsieur Sambi est totalement dépourvu. Je ne comprends pas le « jeu de yoyo » qu’il mène en matière diplomatique : il insulte le matin et fait les yeux doux le soir.
Le Président ne peut attaquer la France en des termes déplorables, et ensuite lui faire la cour ! En un mot, Sambi pense certainement que la gestion d’un pays est un jeu et qu’on peut dire ce que l’on veut sans se soucier de la fierté et de la dignité de son peuple. Je pense quant à moi qu’il est important de renforcer notre coopération avec la France, surtout en matière culturelle, économique et juridique, afin de favoriser l’implication des 300 000 comoriens vivant en France dans le développement des Comores.

Question : Quelle est votre propre approche pour résoudre la question de Mayotte ?

Me Saïd LARIFOU : Je n’ai pas pour habitude de prendre cette question complexe et sensible à la légère. Une commission mixte franco-comorienne chargée d’examiner ce dossier historique a déjà été mise en place. Sas travaux doivent être poursuivis et accélérés, en particulier l’examen des conditions de libre circulation dans l’archipel. Cette commission spéciale, pour éviter tous les malentendus ne doit pas s’interdire d’analyser l’ensemble des éléments du dossier. Ce dossier a des conséquences dramatiques pour nos milliers de compatriotes qui tentent de traverser le bras de mer qui sépare les Iles de l’archipel et Mayotte, et beaucoup l’ont payé de leur vie. Une mauvaise gestion de ce dossier aurait par ailleurs un effet désastreux sur l’équilibre régional et sur la stabilité et la paix aux Comores mêmes. Faute d’avoir été traitées, de nombreuses difficultés subsistent et le concours des décideurs de toutes les îles et du peuple comorien pourrait permettre d’aboutir à une solution optimale pour tous.

Question : L’économie nationale souffre des nombreux retards dans le paiement des salaires des agents de l’Etat. Comment comptez-vous résorbez ce problème ?

Me Saïd LARIFOU : J’ai pris en accord avec le Président Fazul les contacts nécessaires et utiles avec nos frères pour nous assurer de leurs volontés de nous aider à sortir l’Union des Comores de l’ornière. L’Union Européenne, l’UA, le Fond Monétaire International, toutes les organisations concernées seront, au fil des jours qui viennent informées de nos besoins immédiats. Concernant la France en dépit des problèmes que nous connaissons, et comme vous le savez, elle nous a apporté pendant toute la crise que nous venons de traverser son soutien diplomatique puissant auprès des institutions précipitées. Tous ces partenaires se mobiliseront si nous sommes capables de démontrer notre engagement démocratique par les élections transparentes, claires, non contestables. Une fois l’Etat remis en ordre de marche et les énergies de tous mobilisées pour redresser l’économie de notre pays, les agents de l’Etat comme les autres citoyens doivent être payés et être assurés de la régularité de leur traitement.

Question : Une fois élu, allez-vous proposez une révision de la Constitution actuelle ? Si oui, quels sont les points susceptibles de faire l’objet de modification ?

Me Saïd LARIFOU : L’élection du représentant de Mohéli selon les règles de nos institutions témoigne du respect qu’il faut porter à notre constitution et aux accords de Fomboni. Respectons-les, et tous ensemble nous appellerons, quand cela sera le moment propice, le peuple comorien à se prononcer par referendum sur la nécessité de réviser ou d’actualiser notre constitution.

Question : Vous êtes un homme de loi, la justice comorienne fait partie des maillons faibles de la gouvernance nationale. Quels sont les changements que vous comptez apporter pour redorer le blason de notre système judiciaire ?

Me Saïd LARIFOU : Nous devons prioritairement restaurer un accès égal de tous les Comoriens à la justice fondement de la démocratie et de l’Etat de droit, en la rendant plus efficace et plus décentralisée. Nous rétablirons l’indépendance du système judiciaire en valorisant le statut des magistrats et des auxiliaires de justice. Nous rendrons plus accessible les mécanismes de fonctionnement de la justice pour qu’elle soit compréhensible par tous. Enfin, nous créerons dans toutes les régions des Maisons de Droit et de Justice ou chacun pourra trouver aide et soutien auprès de juristes compétents. Plus généralement nous encouragerons à tous les niveaux une politique active de lutte contre la corruption et l’impunité.

Question : Une alliance au second tour entre votre liste et Iklilou ou Oukacha est-elle envisageable ?

Me Saïd LARIFOU : Ce n’est pas du tout le moment de parler de manœuvres politiciennes. C’est sur le principe de notre programme que nous voulons représenter tous les Comoriens pour sauver notre pays et favoriser la réconciliation. Tous ceux qui voudraient, dans le cadre de notre programme, œuvrer avec nous seront toujours les bienvenus.



Propos recueillis par Mohamed INOUSSA

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Publié dans Interviews

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