« Tu peux traduire ? Voyage d’une mzungu aux Comores »
Anaïs Libralesso a écrit « Tu peux traduire ? Voyage d’une mzungu aux Comores », paru aux éditions l’Harmattan en juillet 2010. Ce récit retrace le parcours initiatique de Camille qui se rend pour la première fois aux Comores, le pays natal de son mari. Un récit étonnant qui, tout en nous faisant découvrir l’histoire et la géographie de l’île de la Grande-Comore, pose les grands thèmes de l’intégration et du mélange des cultures. Des codes de vie et une langue qu’elle va devoir apprendre à traduire…
Comment ce livre est-il né ? Pourquoi avez-vous voulu écrire ce livre sur les Comores ?
J’ai commencé à écrire lors de mon premier voyage à la Grande-Comore, une des quatre îles de cet archipel de l’océan indien. Je souhaitais simplement noter ce que je voyais, ressentais, vivais… Pour ne pas oublier. Un peu comme un journal de bord. Ce n’était au départ pas écrit pour être diffusé !
Et puis mon frère m’a demandé un jour : pourquoi tu ne publierais pas ton manuscrit ? Je l’ai pris au mot et ai travaillé le texte. Un rythme s’est imposé et Camille (mon personnage) est née. J’ai beaucoup aimé voir mon récit se construire, s’articulant sur l’expérience mouvementée de Camille pour introduire quelques références sur le contexte historique et géographique de la Grande-Comore. Cela permet de donner un contexte et de maintenir un rythme au récit
J’ai ensuite envoyé le manuscrit à des maisons d’édition. Sans trop y croire, juste “pour voir”. Et j’ai reçu plusieurs réponses positives !
Votre livre est-il entièrement autobiographique ou une partie est-elle romancée ?
Bien sûr mon livre se base sur mon expérience personnelle des Comores. Certains événements correspondent à ce que j’ai vécu. Mais je garderai secret la part de réel et de fictif !
En fait les thèmes que j’aborde sont caractéristiques des Comores : grand-mariages, “guerres” entre villages, paysages de plages idylliques… A ces thèmes j’apporte mon expérience et ma vision “d’étrangère” : différence de langue et de culture, tentatives d’intégration et de compréhension réciproque… Des thèmes qui eux ne sont pas spécifiques aux Comores.
Le style en tout cas ne laisse pas indifférent…
Certains de mes lecteurs ont en effet été déstabilisés par le style un peu “cru”. Mais après quelques pages d’adaptation, le lecteur est transporté par le récit et fini le livre avec avidité!
Ce que je voulais retranscrire, ce sont les impressions au quotidien de Camille. Je trouve que le "langage parlé" que j’ai transposé à l'écrit est adéquat pour ce genre de sujet. Je pense que c’est un style léger et percutant à la fois, qui permet de ne pas dénaturer le "choc" culturel vécu par Camille.
Pourquoi avoir ponctué le récit de photos ? C’est une démarche originale…
J’ai tenu en effet à insérer quelques photos au fil du récit : les images sont le propre du voyage ! Mon éditeur l’Harmattan m’a laissé une grande liberté sur ce sujet. La première de couverture, par exemple : lors de mes voyages j’ai fait beaucoup de photos liées au grand-mariage. En rentrant je les ai montrées à ma tante Denise Giacomino qui a tout de suite été inspirée par tant de couleurs et de joie. Elle a d’ailleurs fait une expo à Grenoble sur le thème du grand-mariage comorien ! Pour ma première de couverture j’avais donc à ma disposition une exposition entière de peintures sur les Comores, inspirées de mon expérience ! Que rêver de mieux pour illustrer mon récit ?
A qui ce livre est-il destiné ?
A tout le monde! Les Comoriens qui vont (re)découvrir leur pays au travers des yeux d’une “étrangère”, les “je viens” qui vont sûrement retrouver quelques anecdotes où ils se reconnaîtront, ceux qui aiment voyager et découvrir d’autres pays et cultures, ceux qui s’intéressent aux relations humaines, et ceux qui, simplement, aiment lire… Le livre est accessible à tous.
Qu’attendez-vous de la parution de votre livre ?
J’espère en tout cas que mes lecteurs passeront un moment agréable à la lecture de ce récit. Et puis si je peux participer à ma manière à faire connaitre les Comores... Ce sont des îles méconnues et pleines de richesses.
Depuis le début de cette aventure je suis aussi curieuse de découvrir comment fonctionne le monde de l’édition. C’est un monde qui m’est complètement inconnu. Après l’étape de l’écriture, celle de la fabrication, voilà maintenant celle de la diffusion et de la publicité. Et se pose alors la question que doit se poser chaque auteur : comment le livre va-t-il être perçu ?
Même si ce n’est pas votre métier, suite à cette première publication avez-vous d’autres projets d’écriture ?
J’ai plusieurs projets en tête, certains liés aux Comores mais pas seulement. Malheureusement entre le travail et la famille, je n’ai pas beaucoup de temps pour écrire. Et de là à publier un nouveau livre... J’attends de voir les réactions avec ce premier récit. Encore une fois je suis dans un univers que je ne connais pas et j’apprends chaque jour. Est-ce que je publierai à nouveau? Seul l’avenir nous le dira!
Propos recueillis par LaLi pour Comores.Com
Plus d’informations sur http://MyComores.Com
Livre disponible sur Fnac.com