Entretien exclusif : « Mjamawé » raconte l`histoire
Pour mieux comprendre la situation aux Comores, le site réunionnais « Dernier Arrêt avant les Kerguelen » a rencontré un ancien ministre du Gouvernement déchu du Colonel Bacar ...
Mohamed Abdou Madi, dit « Mjamawé », est un ancien Premier Ministre, du Président Djohar en 1994, Ancien Ambassadeur de l’Union des Comores sous le régime du Président de l’Union Azali, et un ancien opposant à Mohamed Bacar, le dernier Président de l’île d’Anjouan, exilé depuis Juillet 2008. Il était devenu le numéro 2 du Gouvernement de Mohamed Bacar et son Porte-parole, la voix officielle du gouvernement anjouanais.
Il s’évade d’Anjouan avec quatre autres ministres, dans la nuit du 26 au 27 Juillet 2008, à destination de Mayotte, l’île la plus proche, car le régime du Président de l’Union des Comores tente de le mettre « au secret », sans jugement, dans les geôles de la Gendarmerie anjouanaise. Après Cinq jours passés au secret dans une cave sans fenêtre, sans lumière, Mohamed Abdou Madi comprend que leur destin est scellé : la disparition de la scène politique sans bruit ; et peut-être même à terme leur disparition tout court.
Avec ses quatre collègues, il s’évade en kwassa-kwassa, par une mer démontée-nous sommes en hiver australe et la houle est coutumière de cette saison- et parvient à Mayotte où il demande aussitôt l’asile et le statut de réfugié politique auprès de l’OFPRA. Il est assigné à résidence en Petite-Terre près de l’aéroport, et avant son transfert à la Réunion, où il pourrait prendre la tête de l’opposition anjouanaise au régime mis en place par le président comorien Foundi Sambi, j’ai été le rencontrer pour lever le voile sur tous ces évènements qu’il a vécus de l’intérieur.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen (le journaliste rigole !) :Evasion ou Trahison ?
Abdou Madi : « Ce n’était pas une évasion en ce qui me concerne ».
Après le débarquement, Bacar a choisi ce qui lui semblait le plus juste, il s’est demandé s’il méritait le châtiment que Foundi Sambi voulait lui infliger. Certes il est parti sans avoir combattu. Cinq ministres sont restés. Au départ, en ce qui me concerne, c’était pour dire la vérité. Pourquoi serais-je parti ? Je n’avais rien à me reprocher ! D’autant que je ne m’occupais que de la partie relations internationales, je suis un diplomate, je ne m’occupais pas des affaires policières. Je dis ce que je pense, et je dois répondre à toutes les questions qui se posent. 3 jours après le débarquement, conformément aux règles en vigueur je me suis rendu volontairement.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Sans crainte de quelques représailles que ce soit ?
Abdou Madi :Non ! Je peux tout imaginer, sauf qu’un Président finance une guerre contre son pays et ses concitoyens ! Avant tout, toutes mes décisions prises dans ces moments-là l’étaient dans le but de décourager toute action de violence supplémentaire. En tant qu’ancien porte-parole du gouvernement de Mohamed Bacar, je reconnais la problématique de la légalité de l’élection de Bacar ; donc j’avais comme souci permanent le rétablissement de la légalité et d’empêcher la violence ; je voulais gagner du temps, pour permettre des négociations. Telle a été mon attitude jusqu’au débarquement.
Mais la veille du débarquement, le lundi, vers 17h, j’ai eu un point de presse après avoir rencontré le Président Bacar. Que je n’ai d’ailleurs plus jamais revu depuis. J’ai senti l’atmosphère étrange, lourde, il y avait beaucoup de journalistes, RFO, RFI, l’Agence Reuter, d’autres encore !… Je sentais que ce n’était pas normal, qu’il se préparait quelque chose d’imminent. Vers 22h, j’ai téléphoné à la Présidence pour en informer Bacar, on m’a dit qu’il dormait. Dans la nuit, le débarquement des troupes soudanaises et tanzaniennes a eu lieu : je n’ai plus revu Bacar depuis.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen :Quel rôle a joué l’Union Africaine dans la gestion de cette crise interne, puisqu’il s’agit d’un problème de reconnaissance de légitimité de l’élection présidentielle, en définitive, donc strictement interne ?
Abdou Madi : Je n’ai pas compris l’attitude de l’Union Africaine dans ce dossier ; ils n’ont pas privilégié la négociation, le compromis, je les ai senti agressifs, quasiment humiliants. A ce stade-ci, un petit aparté s’impose pour vous narrer une anecdote : le 25 Février 2008, le Ministre des Affaires Etrangères tanzanien, Bernard Kamilus, en visite officielle à Moroni, s’adresse à Mohamed Bacar, Président de l’île autonome d’Anjouan, en des termes menaçants, dans un message à la radio nationale : « Colonel Mohamed Bacar ! Vous avez deux options: soit vous quittez Anjouan soit vous vous rendez ! Si vous résistez aux troupes comoriennes et de l’Union Africaine, vous serez arrêté et jugé pour crimes de guerre ! ». Surtout au niveau de leur négociateur, le mozambicain Madeira. Comprenez-vous, il a trop duré aux Comores ! Il y a vécu 8 ans ! Il n’était plus un médiateur international au sens propre du terme, avec toute sa neutralité, il était devenu comorien ! Son « Parti », les amis comoriens qui s’étaient ralliés autour de lui, s’étaient petit à petit ralliés au Président Sambi ! A un moment, il n’y avait plus de médiation. C’était Sambi, plus le Parti de Madeira contre Anjouan…
Par contre, je veux saluer l’Afrique du Sud, les pays de la Région, c’est à dire Madagascar, Maurice, les Seychelles, le Mozambique, le Kenya, tous sauf la Tanzanie, sous la présidence de l’Afrique du Sud. Jusqu’au bout, l’Afrique du Sud s’est battue contre l’usage de la violence pour préserver la paix, et mérite ainsi toute ma gratitude en tant que politicien anjouanais.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Mais le Débarquement a quand même eu lieu…
Abdou Madi : Aucun pays, je dis bien aucun, sauf la Tanzanie, n‘a accepté le principe de faire débarquer des troupes à Anjouan. Mais à un moment, il y a eu un changement de Bureau au sein de l’Union Africaine, la Tanzanie jouant alors un rôle majeur. Vous savez, le débarquement à Anjouan n’a pas été l’œuvre de l’Union Africaine ! Ca a été un abus de pouvoir aux règles internationales de la part du Président tanzanien, avec la complicité de Foundi Sambi ! Les autres ont laissé faire ! D’ailleurs, les soldats ayant débarqué à Anjouan n’arboraient pas le sigle de l’Union Africaine ! Les uns portaient celui de la Tanzanie, les autres celui du Soudan, autre protagoniste du débarquement, mais pas de l’Union…
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Pourquoi le Soudan ?
Abdou Madi :Dans la Région, les pays à régime dictatorial sont la Tanzanie et le Soudan. Pour mener une action de ce genre sans l’accord de l’Union Africaine, il fallait à la Tanzanie trouver un autre pays similaire ! Le Soudan… Les pays les plus dictatoriaux d’Afrique sont venus donner une leçon de démocratie aux Comores ! En Tanzanie, c’est un parti unique qui est au pouvoir. Le président soudanais El Bachir est sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour ce qui s’est passé au Darfour… La haine de ces deux pays s’est exprimée contre Anjouan à cette occasion, grâce à leur camaraderie avec le président de l’Union des Comores Foundi Sambi…
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Vous vous êtes donc évadés dans la nuit du 26 Juillet dernier…
Abdou Madi : Je réfute en ce qui me concerne le terme d’évasion ! Je n’étais plus prisonnier après ces quatre mois. J’étais comme on dit sous contrôle judiciaire. Mais Sambi voulait me contraindre militairement, après ma peine de prison, en m’incarcérant sans jugement.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Mais cela contredit le simple contrôle judiciaire qui vous était infligé ?
Abdou Madi : Oui. Cela équivalait à me faire disparaître totalement à terme, car les conditions de vie étaient insoutenables. J’ai compris ce qui allait nous arriver, nous serions bien sûr morts de mort naturelle…J’ai préféré demander l’asile auprès des autorités de Mayotte d’où j’ai contacté l’OFPRA avec mes collègues qui sont partis avec moi. Eux aussi souffrent ; je suis un peu leur doyen, ils me font confiance. Mais j’ai quelques soucis cependant : mon premier souci concerne ma propre sécurité ; Sambi est un extrémiste, un sanguinaire. Cela s’applique également à mes proches restés à Anjouan. Ensuite mon statut. J’attends de voir les conditions que l‘OFPRA me propose, car je désire respecter scrupuleusement les recommandations qu’ils édicteront.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen :Pensez-vous pouvoir être encore utile à votre pays ?
Abdou Madi :Vous savez, la diplomatie ne s’improvise pas. Je suis anjouanais, et c’est vrai que je connais suffisamment bien mon pays, je peux avoir des ambitions au plus haut niveau pour l’aider à retrouver l’homogénéité, et sortir de la misère dans laquelle il s’enfonce. Quant à la position de l’Union Africaine et ses relations avec l’Union des Comores, je suis sûr d’une chose : il n’y en n’a pas !… Mais il y en a, oui, entre El Bachir le soudanais et Sambi ! J’ai vu l’attitude de l’Union Africaine avec les évènements au Kenya, avec le Zimbabwe… Mais avec les Comores, ce n’est pas le comportement habituel de l’Union Africaine…
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Puisque vous étiez opposant à Mohamed Bacar, pourquoi le rejoignez-vous en 2007 au gouvernement d’Anjouan ?
Abdou Madi : J’ai accepté de rejoindre le Gouvernement Bacar en 2007, bien qu’opposant à Bacar, parce qu’il avait changé certaines choses. Il n’était plus question de séparatisme ! C’est ainsi que je suis rentré au gouvernement, pour consolider l’Union, puisque c’était la nouvelle ambition affichée par la Constitution proposée par le médiateur Madeira en 2006 ! A un moment donné, il fallait s’engager sur la bataille du développement. Il y a eu, malgré des Lois fondamentales, des actions « imparfaites »…
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Que voulez-vous dire par « actions imparfaites» ?
Abdou Madi : Vous savez, en Juin 2007, il y a eu un conflit entre les instances chargées de l’organisation des élections et Sambi, le Président de l’Union. Il y a eu un gouvernement intérimaire à Anjouan, Bacar était démissionnaire le 02 Mai, mais il était candidat à sa propre succession. Bacar a œuvré pour qu’il y ait des élections libres à Anjouan. Mais Foundi Sambi aime le pouvoir personnel, il a fait modifier le Code Electoral début 2007. Et c’est ainsi qu’on en arrive aux évènements de Mai et Juin 2007…
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Que s’est-il passé ?
Abdou Madi : Le 11 Mai 2007, M. Madeira de l‘Union Africaine, l’Ambassadeur de France aux Comores, le Représentant de la Ligue Arabe, le Chargé d’Affaires américain, se réunissent à Anjouan sous l’égide du vice-président de l’Union des Comores Ikililou. L’ambiance est lourde. Quelques jours auparavant, il y eut la nomination d’un Président d’Anjouan par intérim, suivi d’une occupation anticonstitutionnel lle des bâtiments administratifs de l’Ile Autonome d’Anjouan par l’Armée Nationale de Développement (AND). Puis la réaction de la Force de Gendarmerie d’Anjouan (FGA), en légitime défense, qui a réagi en délogeant l’AND. Un arbitrage de la Communauté Internationale a pu remettre de l’ordre avec l’annulation du décret anticonstitutionnel l de Sambi nommant un intérim de la Présidence d’Anjouan et en décrétant l’occupation des bâtiments administratifs d’Anjouan par l’AND comme illégale. Cette table ronde se déroule à Anjouan. Sur la table de conférence : le Code Electoral et la Constitution. La réunion se veut volontairement placée sous le signe du consensus et du Droit. La question est de savoir qui remplace le président anjouanais en cas de vacance du pouvoir. Car face à la crise et son désaccord profond avec Sambi, Mohamed Bacar envisage de démissionner. Or dans ce cas, deux possibilités se présentent : ou la Présidence est vacante provisoirement, ou définitivement.
Si elle est vacante par départ définitif du Président anjouanais, c’est le Président de la Cour d’Appel qui assure l’intérim. Si l’absence du président anjouanais est temporaire ce dernier nomme un ministre de son Cabinet en charge de l’intérim. Pour éviter la carence du pouvoir, le Code Electoral prévoit que les élections présidentielles sont organisées pendant les derniers temps du mandat.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Comme dans toutes les démocraties, somme toute… ?
M. Abdou Madi : Oui ! Mais le Code Electoral va donner la main à Sambi…. Normal, il l’a modifié lui-même. Bacar accepte donc de démissionner. Mais qui va assurer l’intérim ? La Commission Internationale réunie à Anjouan propose que le départ définitif de Mohamed Bacar soit annulé et mieux, accepte sa candidature aux prochaines élections présidentielles. Nous sommes donc dans les dispositions d’un départ temporaire donc c’est un Ministre qui doit assurer l’intérim. La Commission demande que soit nommé un Ministre consensuel. Bacar donne le pouvoir à Sambi et à la Commission Internationale pour le choisir : et c’est Doihirou Halidi qui sera choisi. En fait, Doihirou Halidi est un cousin du Président Sambi ; Mohamed Bacar le sait, mais la Commission Internationale l’ignore. Elle vient de se faire flouer…
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Jusque là, toutes les exigences du Président Sambi à cette Table Ronde sont acceptées !… Il pourrait s’arrêter là ?…
Abdou Madi : Eh bien non… Sambi formule une autre exigence : que le Ministre de la Justice anjouanais ne prenne pas le poste de l’Intérieur. Mohamed Bacar accepte encore. Au nombre de ces exigences, c’est quasiment un gouvernement Sambi que l’on retrouve à Anjouan.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Et que se passe-t-il à l’issue de cette Table Ronde ?
Abdou Madi : Tout ce qui se passe ensuite entre ce 11 Mai 2007 et le 10 Juin 2007 n’est pas du fait de Bacar ! Le 07 Juin, la Commission Internationale donne son feu vert pour le déroulement des élections le 10 Juin, et quitte Anjouan vers 13heures. La campagne électorale doit être clôturée le lendemain 08 Juin. Le soir du 07 Juin, à 20 heures, le président de l’Union, Sambi, fait paraître un décret reportant les élections d’une semaine! Ce délai, en fait, permettait à Sambi de rassembler des forces pour tenter de battre Bacar par voie électorale !
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Eh oui ! La seule méthode reconnue par la Communauté Internationale !…
M. Abdou Madi : Eh oui !… De plus, la Commission Internationale a accordé à Sambi qu’il vienne voter à Anjouan, à sa demande, car il est anjouanais. Mais ce dernier ne veut venir que sous la protection d’une garde rapprochée de l’Union Africaine.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Oui ; il doute de l’efficacité de sa sécurité si ce sont les Gendarmes de Bacar qui lui assurent cette protection…
Abdou Madi : Mieux ! La Ligue Arabe demande à la Commission Electorale que le vote se déroule le 13 Juin !… Je vous le rappelle, nous sommes le 07 !…. Les élections sont prévues pour le 10. Alors l’un, par Décret, impose le 17, l’autre, par voie diplomatique demande le13 !…Que de tergiversations autour de quelques jours, et pour quoi ? En fin de compte, la Commission électorale décide de maintenir les élections présidentielles 10 Juin, aucun motif sérieux ne pouvant être invoqué pour différer des élections de seulement quarante huit heures !
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Comment réagit Sambi ?
M. Abdou Madi : Sambi demande alors aux autres candidats de respecter le Décret, et de ne pas participer au scrutin du 10, en n’envoyant pas d’assesseurs. En empêchant tout contrôle, cela rendra le scrutin caduc.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : C’est plutôt original comme démarche…
M.Abdou Madi : Cette demande est parfaitement hors-la-loi ! Je rappelle que nous sommes à moins de 48 heures du scrutin ! Malgré tout, les élections ont lieu le10 Juin 2007. Mohamed Bacar est élu avec une confortable majorité à 54%. C’est alors que Madeira et Sambi présentent le problème sur un plan international comme étant un problème de « séparatisme » alors que non !… Il ne s’agit que d’un problème d’organisation des élections !… Cela a verrouillé la réaction des bacaristes qui voulaient régler le problème à l’intérieur de l’Union !
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Que se passe-t-il donc après l’élection présidentielle et la réélection de Bacar ?
M. Abdou Madi : Les délégations de tous les pays voisins sont reçues au terme de ces élections. L’Afrique du Sud a de plus en plus de mal à supporter les méthodes de Sambi, mais privilégient des négociations, toujours et encore.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Et vous, que devenez-vous ?
M.Abdou Madi : Je suis à ce moment-là Ministre de la Coopération et je diligente les échanges de délégations. Je participe à des rencontres à Prétoria, en Juillet 2007, puis au Cap en Octobre. Ainsi je propose quatre alternatives possibles à ce problème de légitimité du président d’Anjouan: La première alternative est de modifier le Code Electoral, et de réaliser le même jour les élections sur toutes les îles de l’Union, pour l’élection de leur Président respectif.
Dans la seconde, je propose la convocation d’une Table Ronde pour refonder les Institutions de l’Union, avec comme premier point à l’ordre du jour le règlement des élections du 10 Juin. Mohamed Bacar est prêt à démissionner pour ce faire.
La troisième alternative est de mettre en place une Commission Internationale de juristes, composée également de juristes comoriens de l’Union des Comores, ainsi que des juristes anjouanais. Si la Commission conclut à l’irrégularité des élections du 10 Juin, Bacar démissionnera.
La quatrième alternative : au terme du mandat de l’Assemblée, que les élections législatives anjouanaises se fassent sous contrôle international. Si le parti bacariste perd les élections, Bacar démissionnera et ne se représentera plus.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Qu’a-t-il été décidé ?
M. Abdou Madi : En fait, rien n‘a été décidé. Les délégations ont insisté pour que Bacar viennent en personne au Cap pour donner ses propres garanties, et c’est ainsi que je me suis retrouvé à son arrivée dans l’avion sud-africain me raccompagnant à Anjouan.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Pensez-vous que la Tanzanie et le Soudan auront à subir des sanctions de l’Union Africaine pour avoir mené ce débarquement sur Anjouan ?
M. Abdou Madi : Pour moi, la première sanction est déjà tombée, puisqu’El Bachir, le soudanais, est poursuivi depuis fin Juillet par le Tribunal International ! Quant à la Tanzanie, elle préside actuellement l’U.A. Un jour, lorsqu’elle quittera la présidence… La Tanzanie aura à répondre. L’opposition anjouanaise portera dès que possible une réclamation auprès de l’Union Africaine pour ce que je n’hésite pas à nommer un acte de guerre délibéré à l’encontre d’Anjouan. Cela fait trois agressions tanzaniennes à l’encontre d’Anjouan depuis 1976. Trois agressions en 32 ans… Quels comptes la Tanzanie a-t-elle donc à régler avec Anjouan ? Mais à chaque fois, ce ne sont que sévices, et maltraitance des populations !
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Comment peut-on, hormis la méthode de Sambi sur laquelle nous reviendrons, gérer l’Union des Comores ?
M.Abdou Madi : Il n’est pas possible de faire des Comores un état unitaire centralisé ! Il y a des particularités au niveau de chacune des îles de l’archipel. Moi je propose ce que j’appelle la « concurrence positive », que chaque île conserve sa spécificité, mais dans un intérêt commun. Plutôt dans le cadre d’un état confédératif que fédératif. Nous avons essayé la Fédération, ça ne fonctionne pas ! La Fédération donne à chacune des îles la possibilité d’entreprendre. C’est bien, mais des dissensions finissent toujours par apparaître, une concurrence malsaine, malsaine parce que nous sommes tous comoriens ! Non, la Confédération me semble plus adaptée, une confédération qui marque la diversité, qui tient compte de la spécificité de chacune des îles. Et pour que les nuances régionales puissent s’exprimer, il ne faut pas laisser un seul président de l’Union prendre toutes les décisions. Sambi profite de l’exil volontaire des anjouanais qui fuient la misère pour proposer leurs terres laissées inexploitées à des non-comoriens, en l’occurrence à des habitants des pays arabes. Est-ce respectueux des comoriens ?
Après la vacance du pouvoir laissé par Mohamed Bacar, Foundi Sambi, Président de l’Union des Comores, organise un scrutin. Quarante huit heures avant les élections présidentielles d’Anjouan, Sambi limoge le président de la commission électorale. Ainsi, Moussa Toybou, dont les liens avec Foundi Sambi ne sont plus à démontrer, est élu Président de l’Ile d’Anjouan avec moins de 10% de taux de participation. Au moment où ce premier entretien est réalisé, des bruits de bottes résonnent à Moroni… Selon un quotidien régional, le Président de l’Union des Comores Foundi Sambi déclare, relayé par le chef d’état-major de l’armée comorienne, qu’il « est au courant de plusieurs initiatives à partir de Mayotte ayant pour objectif de déstabiliser l’île ». Le Président Sambi, ayant mis fin à ses achats de produits pétroliers auprès de Total, est parti négocier en Turquie de nouveaux accords de fournitures pétrolières… Et se soigner en Inde, non sans passer dire un petit bonjour à Téhéran… Un bateau de la Marine Indienne mouille au large de Moroni… Dimanche 24 Août, un Boeing 737 d’Air Kenya est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport de Mayotte parce qu’une douzaine de diplomates comoriens refusent de descendre de l’avion pour y subir les contrôles de rigueur en zone de transit, argumentant la non-nécessité de ces contrôles : Mayotte pour eux étant comorienne !… L’avion a été retenu trois heures sur l’aéroport de Dzaoudzi…
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Vous seriez en mesure de proposer des modifications à la Constitution de l’Union, afin d’apaiser les esprits et créer un climat progressiste dans votre pays ?
M.Abdou Madi : Tel que c’est parti, les Comores ne peuvent rester ainsi. La Démocratie évolue, elle s’apprend, dans les îles de l’Océan Indien. Le système Sambi est révolu, d’un autre âge, complètement dépassé, on voit à quel niveau de misère l’Union des Comores est maintenant arrivé.Les exactions continuent. Les Français poseront un jour les bonnes questions à Monsieur Sambi : « Et maintenant ? On fait quoi ? » Tout peut aller vite, dans le sens où l’on désire porter le regard au delà d’Anjouan.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Alors, que faut-il faire ?
M. Abdou Madi : Il faut renforcer la démocratie. Il faut que les comoriens mettent les choses à plat. Il ne faut plus tricher les uns par rapport aux autres. Les richesses comoriennes sont le tourisme, la pêche et la parfumerie. Il faut autour de cela construire une économie, avec, je l’admets, quelques coups de pouce de l’extérieur, mais pour aider, pas pour envahir !
Dernier Arrêt avant les Kerguelen :Avant que nous parlions de l’organisation interne, quelques mots sur la cousine : Mayotte ?
M. Abdou Madi : Dans l’Histoire, les anjouanais sont des mahorais ! D’ailleurs, Mayotte était la capitale des quatre îles. La différence entre un anjouanais et un grand comorien, c’est que l’anjouanais se sent chez lui partout où il est, quelque soit où il est. Le Grand Comorien, lui, ne se sent chez lui qu’en Grande-Comore ; c’est toute la différence. Il y a un grand mélange de sang à travers les âges entre mahorais et anjouanais. Un rapprochement tant ethnique que géographique. Le statut de Mayotte va changer, avec la départementalisation, il va dissocier ce phénomène. L’anjouanais a accepté le choix de Mayotte. Le Grand Comorien a protesté. Il n’y a pas de souci entre Anjouan et Mayotte…
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Mais il y a toujours le souci des kwassa-kwassa qui abordent Mayotte chaque jour, plein de candidats à l’exil d’Anjouan !
M. Abdou Madi : Il faut éviter les kwassa-kwassa… Cela doit cesser. Si les anjouanais pouvaient venir librement sur Mayotte, avec un visa temporaire, se faire une opinion sur leur installation ou non à Mayotte, ayant le temps de chercher un emploi, un logement, ils verraient la difficulté de leur démarche et pourraient librement toujours revenir à Anjouan s’ils renonçaient ! Je suis convaincu que le flux de déplacement diminuerait et il y aurait moins d’anjouanais à Mayotte. Actuellement, ils prennent beaucoup de risques pour leur vie en venant clandestinement, mais combien se « rendent » spontanément à la Police aux Frontières parce qu’ils savent qu’ils vont pouvoir rentrer gratuitement ?
Je souhaite le dialogue avec la France. Il faudrait que la France prenne le risque d’ouvrir ses portes, car l’anjouanais pourra se rendre compte de visu, à Mayotte, constater de lui-même qu’il n’y fera pas fortune, et pourra librement revenir à Anjouan. Les anjouanais qui ont obtenu le visa temporaire pour Mayotte ne s’y sont jamais installés. Ce jeu du chat et de la souris n’est pas une méthode valable d’échanges humains. Si l’argent dépensé pour la Police aux Frontières était consacré aux échanges économiques entre Anjouan et Mayotte, cela serait valorisant. Si le pêcheur anjouanais pouvait venir déposer son poisson en chambre froide à Mayotte afin qu’il soit vendu aux mahorais tout le monde y gagnerait. C’est une question de volonté politique. Il faut se donner les moyens économiques d’y parvenir.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen :Alors parlons un peu de ces changements en profondeur dans l’Etat comorien …
M.Abdou Madi : Il faudrait un état comorien, mais qui délègue pratiquement tous les pouvoirs, tous les pouvoirs de fonctionnement direct, comme en Suisse avec les cantons, comme en Allemagne avec les Landers, comme au Nigéria. Une Région chez nous, c’est une île. Ca nous est imposé par la géographie, les régions sont séparées par des bras de mer, nous sommes un archipel, c’est ainsi. Et quand ce système fonctionnera, alors nous pourrons travailler avec les autres Régions de l’Océan Indien, Maurice, Madagascar, la France de la Réunion, les Seychelles. Où Mayotte et Anjouan pourront s’entendre.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen :Mais concernant les statuts de l’Union ?
M. Abdou Madi : Il y a trois aspects à prendre en compte : l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire. Dans le domaine Exécutif, la Présidence des Comores resterait tournante, en élisant le même jour, bien sûr, le président de chacune des trois îles, pour une durée de 6 ans. Le présidium serait composé des présidents des îles, un président, un vice-président, tournant à l’intérieur du mandat, d’où la nécessité d’une mandature d’un nombre d’années divisible par trois.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen :Que gèrerait l’exécutif de l’Union ?
M.Abdou Madi : Tout d’abord la Diplomatie, et non la Coopération. Ensuite les problèmes de Nationalité, dans une conception proche de celle de l’Union Européenne. Puis l’exercice commun de la souveraineté, l’Air, la Mer, les Communications, puis la Justice, mais sous sa forme ultime, c’est à dire la Cassation, et enfin le système bancaire, la Banque Centrale, les relations avec les banques privées commerciales ; que la gestion des banques soit autonome au niveau de chaque île et non centralisée à Moroni, que les sanctions s’il doit y en avoir ne dépendent pas des faits politiques.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen :Pourquoi les Communications ?
M. Abdou Madi : Il faut retenir une leçon du dernier conflit : au moment de l’imminence du Débarquement tanzano-soudanais, les puces des dignitaires anjouanais avaient été désactivées. Nous n’avions plus la possibilité de nous joindre. Cela est une preuve d’ingérence totale !
Dernier Arrêt avant les Kerguelen :Concernant la Défense de l’Union ?
M.Abdou Madi : Actuellement les Comores ont une « Défense Extérieure » dans la nouvelle Constitution. Une Défense Extérieure et des Forces de Sécurité Intérieures. Les Comores n’ont pas les moyens financiers d’entretenir une armée de défense. Quel pays de l’Océan Indien aurait des visées hégémoniques sur les petites îles comoriennes ?… Non ! Qu’une Force de défense régionale avec les autres pays de l’Océan Indien se mette en place, oui !, mais sans conserver cette force de défense extérieure strictement comorienne ! Par contre, que chaque île possède ses forces de Police, de proximité, pour assurer le maintien de l’ordre, et les affaires judiciaires, cela paraît normal.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : La diplomatie ?
M. Abdou Madi : C’est avoir la possibilité pour chaque île de se débrouiller toute seule, sans en référer au pouvoir central : si Mohéli a envie de faire un jumelage avec une ville anglaise, cela ne concerne qu’elle, Grande Comores n’a pas à s’y opposer, tout cela dans le respect des accords diplomatiques avec les autres pays. Ces accords, il faut tout recréer, remettre de l’ordre. On n’a pas les moyens de s’offrir une représentation diplomatique dans chaque pays, hélas. Nous avons de petits moyens. Mais nous pourrions cependant avoir un représentant, un chargé d’affaires, sans les structures lourdes d’une ambassade au sens propre. Je pense que cela permettrait déjà d’économiser pratiquement 40% par rapport aux dépenses actuelles, sur un budget de l’ordre de 13 milliards de francs comoriens par an, de frais de fonctionnement théoriques.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : La partie législative du pouvoir central ?
M. Abdou Madi : Actuellement, il y a confusion, car chaque île a deux assemblées. Il y a l’assemblée insulaire, et l’assemblée nationale. Sur chaque île. Or les lois votées pour l’ensemble de l’Union sont souvent discutées au niveau des îles, parce qu’elles ne sont pas en conformité avec l’Assemblée locale. Ce qui donne des palabres et souvent des discussions à n’en plus finir. Je propose donc que pour les questions d’ordre commun, concernant l’Union, on crée un Congrès des 3 Assemblées locales insulaires, convocable par Moroni, qui serait en mesure de discuter et voter les textes communautaires. Cela permettrait de supprimer les assemblées nationales sur chaque île, qui, bien entendu, conserveraient leur assemblée locale, cela éviterait les antagonismes, et ce Congrès serait épaulé par une sorte de Conseil Constitutionnel qui s’assurerait que les lois votées par le Congrès soit bien dans le cadre de notre Constitution.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Et le pouvoir judiciaire ?…
M. Abdou Madi : Comme je vous le disais tout à l’heure, il conviendrait que seule la Cour de Cassation soit au niveau du Pouvoir Central de l’Union. Chaque île étant autonome dans ses juridictions de 1er et Second degré.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen : Mais comment initier tous ces changements ? Quelle est l’amorce ? Par où commencer ?
M. Abdou Madi : D’abord le système politique comorien doit être à l’origine d’un changement économique. Il n’y a pas de problème entre grand comorien, mohélien, anjouanais, il n’y a des problèmes qu’au niveau de leurs hommes politiques. Mais la haine risque de prendre le dessus, et franchement c’est à éviter. Sitôt que l’impérialisme politique disparaîtra, nous pourrons aller vers des Comores du progrès. Quand je parle du tourisme entre Anjouan et Mayotte, les possibilités sont énormes, nous avons le potentiel ! Et Mayotte, gagnerait à être la plaque tournante du tourisme au Comores.
Ensuite, un autre problème reste à régler : créer l’ambiance d’une société de consommation au niveau des Comores. Il faut lutter contre la thésaurisation aux Comores. En développant le système bancaire, en développant les produits bancaires, les comptes à intérêts fixes et variables en fonction des placements. Il faut que tous ces produits financiers circulent librement ! Nous avons juste une Banque, la Banque Internationale des Comores, la BIC, qui pratique des taux d’intérêt beaucoup trop élevés à ses clients ! Ils peuvent monter jusqu’à 30% ! Le système devra créer des moyens pour favoriser les dépenses, lutté contre la peur de dépenser, allé vers une société économique moderne. Actuellement, vous allez placer de l’argent à Anjouan, on vous en prend pour gérer votre compte ! Il faudrait aussi favoriser l’émigration économique. Réussir à faire travailler des comoriens en dehors de l’Union, au lieu de vendre des terrains aux étrangers. Il y a beaucoup de main d’œuvre réclamée par les pays voisins. Culturellement, les comoriens n’ont qu’un choix pour aller travailler, sans savoir d’ailleurs précisément s’ils y travailleront : c’est la France. Il faudra faire évoluer les mentalités ; oser partir en Indonésie, au Canada, en Australie, il faudra relancer cette émigration économique.
Pendant la période coloniale, tout était traité aux Comores : la giroflée, les parfums, la distillation de l’ylang ; aujourd’hui, on se contente de la cueillette, du séchage et de l’expédition vers d’autres pays pour transformation. Où est la valeur ajoutée comorienne en la matière ? Il faut donc la revaloriser. Il faut accorder de l’attention à la conservation de la pêche. Pouvoir investir dans des chambres froides pour vendre le produit de la pêche non vendu le jour même, au lieu de le sécher ou de le jeter comme aujourd’hui. L’économie de la pêche passera ainsi par une cotation variable chaque jour en fonction de la production, des stocks et du marché de la vente, de l’exportation, sous forme de cotation. Si l’on achetait plus à Mayotte de poissons comoriens, et moins d’Afrique du Sud, il serait certainement plus frais, et moins cher, et mahorais comme comoriens y gagneraient. Toute une culture à construire.
Dernier Arrêt avant les Kerguelen :Nous allons nous quitter dans quelques instants, quel message aimeriez-vous faire passer auprès des lecteurs de ce blog, pendant cette période un peu pénible, on peut le dire, d’exil en terre mahoraise, avant, on peut le souhaiter, des jours meilleurs pour l’Union des Comores, vous-même et vos camarades ?
M.Abdou Madi : J’aimerais dire ceci : je suis anjouanais, et j’aime profondément mon île. Je n’en suis pas qu’originaire, j’y ai vécu, j’ai travaillé pour elle, parfois dans des conditions plus que difficiles, mais j’estime que les Comores ne méritent pas ce qu’elles vivent aujourd’hui, pas plus que ce qu’elles ont vécu par le passé, dans des périodes troubles. Elles ne se sont pas encore réveillées dans ce monde moderne. Les comoriens sont un peuple sympathique, mais qui a la malchance de toujours subir le jugement sur le plan international, sur la base de l’unilatéralisme. C’est malheureusement le sort du plus petit, du plus faible. Et pourtant, le peuple comorien, s’il n’a pas de richesse particulière, représente un certain potentiel.
Aujourd’hui à Anjouan, depuis le débarquement, la misère règne. La torture, la maltraitance. Les conditions de vie sont plus que précaires, l’alimentation ne suit plus, les droits de l’Homme si chers à la Communauté Internationale sont continuellement bafoués. Depuis le débarquement, 700 personnes sont emprisonnées, dans des conditions indignes pour un être humain, sans procès, sans jugement, sans comparution, simplement 700 personnes mises à l’écart du monde, en attendant qu’elles en disparaissent parce que leurs forces disparaîtront elles aussi. Le litre d’essence, quand il y en a dans les cuves, est à 600 Francs comoriens, le pétrole lampant à 500 Francs, contre 200 Francs avant les évènements, et il n’en manquait pas. C’est cette souveraineté d’un peuple tout entier, écrasé par la domination du Chef, Foundi Sambi, et de son représentant, qui nous interpelle et nous émeut. C’est quel monde ça ? Pourquoi ?
Si je vais plus loin, je dirai encore que la démocratie a imposé deux formules majeures ; se soumettre ou se démettre. Autrement dit l’élection et la démission. L’élection est le privilège du peuple pour orienter son existence, mais la démission est pour le représentant que le peuple ne soutient plus dans ses décisions la possibilité de corriger, ainsi que le moyen démocratique de corriger les erreurs si le peuple s’est trompé. Et de redonner ainsi la place aux élections pour un choix différent. C’est cela la démocratie. Le seul fait d’être Chef d’Etat, tout ce qu’il dit, n’est pas forcément ce qui doit arriver à son peuple. C’est ce jugement-là, cette manière de voir les choses, que j’aurais aimé voir de la Communauté Internationale à l’égard de Foundi Sambi, en faisant le bilan de son argumentaire qui n’a conduit qu’au coup de feu et à la misère du peuple anjouanais, mais aussi de toute la population comorienne sur les trois îles.
Aujourd’hui, Anjouan est dirigée depuis le départ de Mohamed Bacar par Moussa Toybou, passant pour un très proche du Président de l’Union, Foundi Sambi. Deux jours avant les élections qui ont mené Moussa Toybou à la tête d’Anjouan, le Président Sambi a limogé et remplacé le président de la commission électorale chargée de veiller à la bonne tenue du scrutin et à sa régularité.
Et le soleil se lève toujours à l’Est….
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